La chambre criminelle de Dakar a examiné, ce 14 avril, l’affaire du braquage spectaculaire visant le magasin de Ai Minghui aux Allées du Centenaire. Un dossier tentaculaire qui remonte à 2020 et qui met en cause plusieurs profils, dont un ancien agent de police.
Quatre accusés ont comparu à la barre : M. Gassama, ex-policier, M. B. Thiam, journaliste, A. Wade, tailleur, et C. Tall, menuisier. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion avec violences et armes, usurpation de fonction, ainsi que violences à agent.
Un braquage préparé et violent
L’enquête, menée par la Division des investigations criminelles (DIC), avait été déclenchée après la diffusion d’une vidéo montrant l’attaque du magasin. Les images ont permis d’identifier rapidement l’un des suspects, M. Gassama, agissant à visage découvert.
Selon les éléments du dossier, les assaillants, armés, se sont fait passer pour des policiers afin de pénétrer dans les lieux. Une fois à l’intérieur, ils ont contraint les employés à s’accroupir, avant de s’emparer d’une somme estimée à 70 millions de FCFA, ainsi que de plusieurs objets.
Le groupe aurait ensuite pris la fuite à bord d’un véhicule conduit par un complice resté à l’extérieur.
Des aveux, des rétractations et des versions divergentes
Au cours de l’instruction, plusieurs accusés ont reconnu leur implication, détaillant la répartition des rôles et le partage du butin. Mais à l’audience, certains sont revenus sur leurs déclarations, contestant notamment l’existence d’une association de malfaiteurs.
Les versions divergent : certains évoquent une opération présentée comme légale au départ, d’autres admettent leur participation tout en minimisant leur rôle. Le rôle du présumé informateur, toujours en fuite, reste central dans la compréhension du dossier.
Un procès marqué par des faits aggravants
L’affaire est également alourdie par un incident survenu lors de la garde à vue. M. Gassama est accusé d’avoir violenté un agent de sécurité avant de s’évader temporairement, causant des blessures à ce dernier.
Par ailleurs, l’un des protagonistes cités dans le dossier est décédé en 2022, ce qui complique davantage la manifestation de la vérité.
Réquisitions et attente du verdict
Lors des plaidoiries, le parquet a requis 10 ans de réclusion criminelle contre M. Gassama et 6 ans contre les autres accusés. La partie civile a, de son côté, sollicité une condamnation solidaire assortie de dommages et intérêts à hauteur de 100 millions de FCFA.
Les avocats de la défense ont plaidé l’acquittement ou la clémence, mettant en avant les contradictions du dossier et les circonstances entourant l’implication de leurs clients.
Le verdict a été mis en délibéré et sera rendu le 12 mai prochain. Une décision très attendue dans une affaire qui a marqué l’opinion par son audace et sa violence.




