La qualification des violences politiques ayant secoué le Sénégal ces dernières années continue de diviser la classe politique et la société civile. Au cœur de la controverse : l’interprétation des événements ayant entraîné la mort de dizaines de manifestants.
Le débat a été ravivé après des propos attribués à Alioune Tine évoquant une « contre-insurrection » pour analyser les 80 décès enregistrés lors des manifestations. Une lecture que conteste vigoureusement Waly Diouf Bodian, estimant qu’elle risque de déplacer la responsabilité politique.
Dans une déclaration ferme, ce dernier considère qu’une telle qualification pourrait être perçue comme une manière de disculper l’ancien chef de l’État Macky Sall et son régime. Selon lui, parler de contre-insurrection reviendrait implicitement à accréditer l’idée d’un appel à l’insurrection lancé par l’opposition à l’époque des faits.
Au-delà du débat sémantique, Waly Diouf Bodian appelle à une clarification judiciaire. Il invite notamment le parti Pastef à saisir les juridictions compétentes afin que la question d’un éventuel appel à l’insurrection soit tranchée sur la base de preuves et non d’analyses politiques.
Dans sa réplique, le ton est monté d’un cran. Le responsable politique a dénoncé le lourd bilan humain de la période, appelant à respecter la mémoire des victimes et à éviter toute lecture qui, selon lui, pourrait minimiser la gravité des pertes enregistrées.
MOUSSA NOEL/SENEGALDIRECT






