Alors que l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) célèbre la décision de la Cour suprême sur le litige avec la société AEE POWER, certains observateurs dénoncent une lecture tronquée de la situation et mettent en garde contre toute manipulation médiatique.
Aliou Diouf, représentant du collectif « République des valeurs », rappelle que la suspension des travaux liée au marché n’est plus effective depuis le 21 février 2025. Par ordonnance numéro 07 (Affaire N°J/006/RG/25-3/01/2025), la Cour avait levé la suspension prononcée le 2 octobre 2024, après l’introduction d’un « élément nouveau » par l’ASER. Selon lui, revenir sur ce point aujourd’hui relève d’une stratégie de communication destinée à masquer le vrai enjeu : l’utilisation des 37 milliards de francs CFA débloqués pour l’électrification rurale.
Le débat, insiste Aliou Diouf, porte sur l’efficacité et la transparence de l’exécution du projet. Après 19 mois de mise en œuvre, seuls 40 villages sont actuellement en phase test, et la banque Santander a suspendu ses décaissements, exigeant des clarifications sur l’utilisation des fonds publics.
Pour le collectif, cette situation pose un défi majeur de gouvernance et de reddition de comptes. Les annonces médiatiques célébrant une « victoire judiciaire » risquent de détourner l’attention des véritables enjeux financiers et opérationnels liés à l’électrification des villages sénégalais.
Aliou Diouf conclut en lançant un avertissement clair : « La manipulation ne passera pas. Les Sénégalais ont le droit de savoir comment leur argent est utilisé. »
Birama/SENEGALDIRECT






