Mesdames, Messieurs,
Si nous avons décidé de prendre la parole aujourd’hui, ce n’est ni par goût de la polémique ni par calcul politicien.
C’est parce que l’affaire ASER est devenue une affaire d’État, révélatrice des dérives actuelles de la gouvernance publique au Sénégal.
Cette affaire n’est pas née d’une rumeur, encore moins d’une cabale.
Elle a été révélée, documentée et portée sur la place publique par le député Thierno Alassane Sall, qui, en responsable politique rigoureux, a saisi les juridictions compétentes face à des faits graves :
37 milliards de francs CFA décaissés, pour des réalisations dérisoires sur le terrain.
C’est cet acte de courage politique et de responsabilité républicaine qui a mis au jour ce scandale. Tout le reste, la communication fébrile, les diversions juridiques, les attaques contre les contrepouvoirs, n’est qu’une tentative de fuite en avant.
Une décision de justice délibérément instrumentalisée
À la suite de la décision rendue le 22 janvier 2026 par la Cour suprême, Monsieur Jean-Michel Sène, Directeur général de l’ASER, s’est livré à une opération de communication tapageuse, allant jusqu’à affirmer que « tous les obstacles » seraient levés et que le dossier serait désormais « vidé ».
C’est faux !
La Cour suprême n’a jamais statué sur le fond du marché, ni sur la gestion de l’ASER, ni sur l’utilisation des 37 milliards de francs CFA.
Elle s’est prononcée uniquement sur un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l’ARCOP.
Transformer cette décision technique en absolution politique et morale relève d’une manipulation assumée de l’opinion.
Une diversion face à une plainte toujours en cours
Pendant que le DG de l’ASER se livre à cette mise en scène, une réalité demeure : la plainte déposée par Thierno Alassane Sall devant le Pool judiciaire financier suit son cours, avec des diligences menées par la Section de recherches de la gendarmerie.
C’est cela que le pouvoir et ses relais tentent d’escamoter.
Le recours devant la Cour suprême, resté dormant pendant plus d’un an, a été opportunément réactivé au moment précis où l’enquête judiciaire progresse.
Cette coïncidence interroge et alimente un doute légitime : cherche-t-on la vérité ou cherche-t-on à brouiller les pistes ?
Les faits sont têtus
La suspension du marché par l’ARCOP n’a duré que quatre mois.
Depuis février 2025, aucun obstacle juridique n’empêche l’exécution normale du projet.
Un an plus tard :
• le taux d’exécution reste dramatiquement faible ;
• les villages attendent toujours l’électricité ;
• les milliards, eux, ont bel et bien été décaissés.
La responsabilité ne peut plus être diluée.
Elle est politique, financière, administrative et managériale.
Un aveu déguisé en communication
En accusant publiquement AEE Power Sénégal d’avoir réclamé 27 milliards de francs CFA, le DG de l’ASER s’est lui-même enfermé dans une impasse.
Soit cette demande est légitime, et alors pourquoi la présenter comme suspecte ? Soit elle ne l’est pas, et pourquoi aucune saisine de la justice ?
Dans les deux cas, le Directeur général faillit à sa mission première : protéger les deniers publics et rendre compte aux citoyens. Une protection politique assumée, au mépris de l’État de droit
Plus grave encore, cette affaire a donné lieu à une intervention politique directe, le Premier ministre se permettant de blanchir publiquement un responsable administratif alors même que la justice est saisie.
Cette dérive est dangereuse.
Elle s’inscrit dans un contexte plus large :
• une crise économique sévère,
• une défiance croissante des citoyens,
• et des sorties populistes et contradictoires, notamment à l’étranger, où l’on attaque la justice tout en appelant les investisseurs à venir au Sénégal.
On ne peut pas affaiblir l’État de droit et prétendre bâtir la confiance.
Une exigence de vérité portée par l’opposition et la diaspora
Ce combat pour la vérité n’est pas isolé.
Il est porté par une opposition responsable, incarnée par Thierno Alassane Sall, et relayé aujourd’hui par les Sénégalais de la diaspora, qui refusent que leur pays soit géré dans l’opacité et l’impunité.
La question demeure, simple et brutale : où sont passés les 37 milliards de francs CFA, et qui en est responsable ?
Aucune manœuvre politique, aucune communication agressive, aucune instrumentalisation de la justice ne fera disparaître cette question.
Elle continuera d’être posée, ici et ailleurs, jusqu’à ce que des réponses claires, documentées et judiciairement établies soient apportées.
C’est cela, la responsabilité politique.
C’est cela, le respect du peuple sénégalais.
Conférence de presse du samedi 31 janvier 2026 à Paris






