L’ancien ministre Pape Malick Ndour a vivement dénoncé le placement sous mandat de dépôt du chroniqueur Badara Gadiaga, qu’il considère comme un signal inquiétant de la dérive autoritaire du régime en place. Dans une déclaration sans détour, l’ancien responsable de l’APR estime que « penser à voix haute est devenu un acte criminel… à condition de penser du mauvais côté ».
Selon lui, cette arrestation illustre un recul flagrant de la liberté d’expression. Il déplore un climat où une simple opinion critique peut désormais valoir à son auteur une incarcération, dès lors qu’elle ne va pas dans le sens du pouvoir. Une situation qu’il juge intolérable dans une démocratie.
Pape Malick Ndour s’insurge également contre ce qu’il appelle « la jurisprudence du bon camp », dénonçant une justice à deux vitesses. « Leur carte de membre fait office de bouclier juridique », lance-t-il, en référence aux soutiens du régime qu’il accuse de jouir d’une impunité totale. Pour lui, la justice est devenue un instrument de répression politique plutôt qu’un garant de l’équité.
Face à cette situation, l’ancien ministre appelle à la mobilisation des forces politiques et sociales pour s’opposer à ce qu’il qualifie de « plaisicrature » – une gouvernance qui repose entièrement sur la volonté d’un seul homme. À ses yeux, les institutions comme le Parlement ou la justice sont désormais réduites à des rôles accessoires, simples relais d’une autorité devenue excessive.
Cette sortie s’inscrit dans un contexte tendu, où les arrestations de figures critiques, notamment issues de l’opposition ou du monde médiatique, se multiplient, suscitant une vague d’indignation au sein de la société civile et de la classe politique.




