L’affaire dite des « 12 présumés homosexuels » connaît un tournant judiciaire majeur. À peine 48 heures après le placement sous mandat de dépôt des mis en cause, le parquet a élargi le champ de l’instruction en y intégrant le crime de trafic de drogue, selon des informations rapportées par L’Observateur.
Initialement ouverte pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux, la procédure vise désormais également des faits de trafic de stupéfiants contre X. Le réquisitoire introductif du procureur près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a été adressé au juge d’instruction du premier cabinet en ce sens.
Cette évolution modifie substantiellement la portée juridique du dossier. En matière criminelle, l’instruction n’est pas enfermée dans un délai strict, permettant des investigations approfondies et l’éventuelle mise en cause de nouvelles personnes.
Selon les éléments relayés, les investigations de la Brigade de recherches de Keur-Massar auraient mis en évidence la consommation de différentes substances, y compris des drogues dures, dans un contexte de relations sexuelles. Un fournisseur présumé serait désormais recherché. Les douze personnes écrouées pourraient également faire l’objet de poursuites pour usage de drogue.
Par ailleurs, le juge d’instruction a délivré une délégation judiciaire ayant conduit à l’extraction de certains détenus de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles. Divers objets auraient été saisis. Les intéressés ont ensuite été reconduits en détention.
À l’origine du dossier, une alerte liée à un risque sanitaire : un individu, interpellé début février, est soupçonné d’avoir entretenu des relations sexuelles non protégées alors qu’il connaissait son statut sérologique. L’exploitation de supports numériques aurait permis d’identifier d’autres personnes, conduisant à une série d’interpellations.
Avec l’introduction de la qualification criminelle de trafic de drogue, l’affaire prend une dimension plus lourde et complexe, mêlant enjeux de santé publique, infractions aux stupéfiants et soupçons de criminalité organisée. L’instruction se poursuit.
OUSMANE DIOP/ SENEGALDIRECT






