Les investigations menées par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de l’audit des finances publiques dépassent largement les premières conclusions de la Cour des comptes. Selon des informations exclusives de Libération, les enquêteurs sont sur le point de dévoiler un scandale financier d’une ampleur considérable, qui secoue déjà les sphères économiques et politiques du Sénégal.
Au cœur de cette affaire se trouve le « Sukuk Ijara Sogepa SN 2022 », une opération financière de 330 milliards de Fcfa orchestrée par la Banque islamique du Sénégal (BIS) en partenariat avec l’État. D’autres acteurs financiers, dont CGF Bourse, ont également été impliqués dans ce montage complexe.
Initialement, le rapport de la Cour des comptes avait épinglé une dépense de 114 milliards de Fcfa sur ce montant total, effectuée en dehors de toute procédure comptable établie. Cependant, les récentes découvertes de la DIC, telles que révélées par Libération, jettent une lumière encore plus crue sur les irrégularités. Les enquêteurs ont mis en évidence que la BIS aurait directement prélevé, à la source, une somme colossale de 70 milliards de Fcfa, arguant de prétendues dettes de l’État.
Plus alarmant encore, une somme additionnelle de 5,6 milliards de Fcfa aurait été versée sous forme de commissions à divers intermédiaires qui ont participé à cette opération financière. Ces nouvelles révélations suggèrent une malversation bien plus profonde et des ramifications potentiellement étendues, promettant de faire grand bruit dans les jours à venir. La DIC continue ses investigations pour démêler l’écheveau de ce qui s’annonce comme l’un des plus grands scandales financiers récents au Sénégal.