L’adoption à une large majorité par l’Assemblée nationale de la proposition de loi modifiant les articles 29 et 30 du code électoral continue de susciter de fortes réactions sur la scène politique sénégalaise. Au-delà du vote parlementaire, c’est désormais la question d’un éventuel recours devant le Conseil constitutionnel qui cristallise les tensions.
Le texte, fraîchement adopté, est déjà au cœur d’un débat institutionnel opposant acteurs de la majorité et de l’opposition, chacun s’interrogeant sur la suite à donner à cette réforme jugée sensible.
Dans ce contexte, l’ancien ministre et responsable politique de l’APR, Mame Mbaye Niang, s’est exprimé depuis le Canada pour livrer une lecture critique de la situation. S’adressant indirectement à l’opposition, il estime que celle-ci n’a pas vocation à porter seule un éventuel contentieux constitutionnel.
Selon lui, la responsabilité politique revient d’abord à l’exécutif. Il renvoie ainsi la balle au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qu’il invite à assumer pleinement son rôle dans le processus législatif.
Sur les ondes de la RFM, il a affirmé que « ce n’est pas à l’opposition de déposer de recours », estimant que les institutions de l’État doivent fonctionner dans leur cohérence propre.
Poussant plus loin son argumentaire, Mame Mbaye Niang considère que le chef de l’État dispose de tous les outils nécessaires pour intervenir en amont du processus ou saisir lui-même les juridictions compétentes. Il l’appelle ainsi à prendre ses responsabilités face à un texte qui divise déjà la classe politique.




