Chers compatriotes sénégalais,
Vous n’êtes pas sans savoir que le poste frontière malien de Diboli, situé à deux kilomètres de la ville sénégalaise de Kidira, a été visé à l’aube du mardi 1er juillet 2025 dans une offensive coordonnée menée par des groupes armés présumés terroristes. Une attaque sans précédent aussi proche du territoire sénégalais, jusque-là épargné par les attentats terroristes.
Et que, dans un communiqué publié ledit jour, l’État-major général des armées (EMGA) a annoncé que les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Niono, Molodo, Sandaré, Nioro du Sahel, Gogui, Kayes et Diboli ont été simultanément attaquées. Mais outre, indique que la situation reste suivie de près, une chose que je salue entièrement et énormément.
À Diboli, situé à 2km de notre chers pays, le sénégal, qui n’a jamais connu d’acte terroriste, les assaillants ont ciblé les installations des forces de sécurité : postes de police et de douane. Selon un témoin sénégalais : « lesdits bureaux sont parti en fumée. Ils (les terroristes) sont venus le matin, ont tiré partout ». Un autre témoin malien confirme que l’ensemble des services frontaliers ont été touchés.
Eh bien, selon mes recherches, c’est la première fois qu’un poste-frontière aussi proche du Sénégal, soit la cible directe d’un tel assaut. Bien que voisin de plusieurs zones instables, le Sénégal n’a jamais connu d’attaque jihadiste sur son territoire. Mais vu qu’on l’a noté. Je pense que la formule « prévenir est mieux que guérir » doit s’appliquer, raison pour laquelle, en tant qu’apprenti politologue, j’ai indubitablement décidé d’en parler.
Voilà. C’est quoi le terrorisme ? Dans son acceptation normative et institutionnelle, la première définition universelle était proposée par la convention pour la prévention et la répression du terrorisme de la Société Des Nations (SDN) devenue aujourd’hui l’Organisation des Nations Unies (ONU), du 16 novembre 1937, qui le définissait comme « des faits criminels dirigés contre un État et dont le but ou la nature est de provoquer la terreur chez des personnalités déterminées, des groupes de personnes ou dans un public ».
Mais vu que le mot « terrorisme » n’a pas fait l’objet d’une définition précise, exacte et nette, moult définitions ont été apportées. Au delà de la définition de la SDN, on a aussi, la convention internationale pour la répression du financement du terrorisme du 09 décembre 1999 qui définit dans son article 2.1 (b), « le terrorisme est tout acte destiné à tuer ou blesser grièvement un civil ou toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou par son contexte, cet acte vise à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».
Le Conseil de Sécurité de l’ONU, dans une résolution d’octobre 2004 précise cette définition en affirmant que les actes terroristes sont considérés comme « des actes criminels, notamment ceux dirigés contre des civils dans l’intention de causer la mort ou des blessures graves ou la prise d’otages dans le but de semer la terreur parmi la population, un groupe de personnes ou chez des particuliers, d’intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s’abstenir de le faire »
Toujours, le conseil de sécurité rappelle que de tels actes « ne sauraient en aucune circonstance être justifiés par des motifs de nature politique, philosophique, idéologique, raciale, ethnique, religieuse ou similaire ».
L’Assemblée générale de l’ONU du 02 décembre 2004, a réaffirmé cette définition, définissant les actes de terrorisme comme des « actes criminels conçus ou calculés pour terroriser l’ensemble d’une population, un groupe de population ou certaines personnes à des fins politiques ».
Vu qu’on est en Afrique, il y’a des organisations internationales africaines qui ont tenté de définir le terrorisme. C’est ainsi qu’en juillet 1999, la Convention de l’Organisation pour l’Unité africaine (OUA) devenue aujourd’hui l’Union Africaine (UA), sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, définissait l’acte terroriste comme : « tout acte ou menace d’acte en violation des lois pénales de l’Etat Partie susceptible de mettre en danger la vie, l’intégrité physique, les libertés d’une personne ou d’un groupe de personnes, qui occasionne ou peut occasionner des dommages aux biens privés ou publics, aux ressources naturelles, à l’environnement ou au patrimoine culturel, et commis dans l’intention: d’intimider, provoquer une situation de terreur, forcer, exercer des pressions ou amener tout gouvernement, organisme, institution, population ou groupe de celle-ci, d’engager toute initiative ou de s’en abstenir, d’adopter, de renoncer à une position particulière ou d’agir selon certains principes, ou de perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation de services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations; de créer une insurrection générale dans un Etat Partie.
Par ailleurs, la doctrine a aussi tenté de définir le terrorisme. Dans son acception doctrinale, en disant que, le terrorisme est un phénomène complexe au sein des différentes manifestations de la criminalité internationale, celui-ci peut être étudié à travers différents points de vue, à la fois politique. sociologique, historique ou juridique. Par sa gravité, par son retentissement terrible, par le sentiment d’horreur et d’impuissance qui frappe la population touchée, la dimension terroriste d’un attentat à la bombe ou du détournement d’un avion a quelque chose qui relève de l’évidence. Mais l’évidence est trompeuse. D’après, Serge SUR, le terrorisme « évoque un mélange de violences et d’émotions, de haines et de peurs qui font barrage à la réflexion, qui Inhibent l’analyse rationnelle ». Et justement, il propose plusieurs éléments constitutifs du terrorisme: l’usage d’une violence indiscriminée (avec une réserve pour les attentats individuels ayant une cible précise), le caractère occulte de l’action, la préparation dissimulée. la recherche de l’impunité (avec quelques réserves pour les attentats revendiqués), le caractère non-gouvernemental de l’action (mais cela élude la question du « terrorisme d’Etat » et de l’appui apporté par certains Etats à des réseaux terroristes), la recherche d’un effet indirect, le caractère aveugle de l’action, mais surtout sa flexibilité, sa mutabilité et son adaptabilité au nom d’intérêts prétendument collectifs.
Et pour, Raymond ARON: « est considéré comme acte terroriste une action violente entreprise généralement par un individu ou un groupuscule non-étatique, dans un but presque toujours politique, contre des cibles non discriminées, avec des moyens limités, et dont la particularité est de produire un climat de terreur où les effets psychologiques sont hors de proportion avec les résultats physiques qui découlent d’un tel acte ».
Quand même, au demeurant, la communauté internationale s’est bien gardée d’user le terme terrorisme et d’en fournir une définition universellement acceptée. À ce jour, plusieurs conventions et protocoles à vocation universelle et régionale semblent couvrir l’intégralité des actes de terrorisme tels qu’ils se produisent aujourd’hui. Toutes ces conventions et protocoles, nonobstant le nombre, n’ont pas eu à dégager une définition unanimement acceptée, et il est temps. Au lieu de définir le terme terrorisme, ce sont plutôt ses manifestations qui ont été définies.
Et là, devenu le thème d’actualité contemporaine de toute la presse nationale et internationale, ces derniers temps, le terrorisme est présent dans bien des esprits. Le mot terrorisme est souvent prononcé, étant devenu quasiment quotidien, allant du simple assassinat d’une personne, des attaques contre les positions des forces de défense et de sécurité, jusqu’à l’explosion de bombes jetées au beau milieu d’une foule rassemblée pour un évènement public, causant ainsi de nombreuses victimes innocentes. Le terrorisme rythme ainsi l’actualité de l’Afrique de l’Ouest, notamment celle du Mali et de ses voisins. De facto, il est vraiment temps, que nos pays africains re groupent pour en faire un débat, définir ce qu’est réellement le terrorisme, prendre des dispositions particulières et naturellement définir des plans d’actions.
Vu que, le terrorisme handicape les activités de développement des Etats et l’intégration sous- régionale en Afrique de l’Ouest depuis des années. Les Etats (Mali, Niger, Burkina Faso…) sont faibles au niveau militaire et leurs capacités n’arrivent pas à faire face contre le phénomène terroriste. Ces pays avaient tendance de lutter contre les groupes terroristes au niveau national, alors qu’on peut noter que le terrorisme a pris une nouvelle vision en Afrique de l’Ouest, vers une menace sous régionale. Les pays de la région ont besoin d’une mutualisation des forces et de partager des informations pour lutter efficacement contre cette menace.
Depuis le début de 2000, l’Afrique de l’Ouest est touchée par le phénomène, sans précédent du terrorisme, avec diverses manifestations d’activités terroristes dans la Communauté et au Mali, notamment par des attentats à la bombe, des attentats-suicides, des enlèvements et des prises d’otages. Les conditions menant à la propagation de ce phénomène sont complexes et nécessitent des politiques fortes et efficaces pour faire face aux facteurs économiques sous-jacents et aux problèmes sociaux et politiques à l’origine des actes de terrorisme. Ainsi, la coopération contre le terrorisme devient une nécessité pour la sécurité régionale, ce qui renforce l’intégration des Etats partageant la même zone géographique. Et créer un environnement favorable à l’intégration régionale effective, au développement économique, à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique de l’Ouest.
Pour y parvenir, il faut avant tout que les Etats membres s’engagent résolument et fermement à travailler et à coopérer étroitement à tous les niveaux. Deuxièmement, des mesures intergouvernementales visant à contrôler les frontières grâce au partage régulier d’informations sur les réseaux criminels nationaux et transnationaux, à l’entraide judiciaire en matière pénale et aux enquêtes et poursuites relatives aux personnes soupçonnées de terrorisme. Enfin, confisquer et geler les avoirs soupçonnés de financer le terrorisme, élaborer un cadre commun d’action et de coopération entre les gouvernements en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme et créer des synergies entre les activités des Etats aux niveaux national, régional et international.
Pour ce faire, une diversité de dispositifs normatifs et institutionnels de lutte contre le terrorisme est adoptée suivie de la mise en œuvre de son processus d’exécution. Pour l’heure, le bilan reste mitigé, malgré les efforts accomplis, surtout pour le cas du Mali.
In fine, au moment où se referme cette étude, d’autres perspectives s’ouvrent dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Mali. Le changement de paradigmes dans la stratégie de lutte contre le fléau appelle, sans nul doute, à de nouvelles interrogations : les relations diplomatiques tendues entre le Mali et certains de ses partenaires historiques ne vont-elles pas compromettre les efforts jusque-là consentis? La coopération militaire renforcée – et revendiquée – avec la Russie permettra-t-elle d’éradiquer le terrorisme au Mali après le départ des français? La présence des forces onusiennes de la MINUSMA sera-t-elle maintenue ? La lutte contre le terrorisme pourra-t-elle réussir à préserver la cohésion sociale et l’unité nationale ? Le Mali arrivera-t-il à faire l’économie du respect des droits humains dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme ? Le terrorisme dans les États du Sahel va épargné les autre États comme le nôtre L’avenir nous le dira. Wait and see.
Je saurai terminer sans pour autant demander à nos autorités Étatiques, de prendre leurs responsabilités et dispositions nécessaires, afin de prévenir l’avenir. On ne sais jamais. Et je pense que je n’ai nullement pas besoin de leur rappeler que : « gouverner c’est prévenir ». La sécurité avant tout ! Qu’ils revoient la construction de nos frontières ! Qu’ils renforcent les outils sécuritaires ! Qu’ils mettent à destination des contingents de haut niveau ! Et vu qu’aujourd’hui l’internet est devenue la quatrième espace de guerre, qu’ils commencent à limiter certaines choses et élargir la communauté des fonctionnaires des chiffres ! Qu’ils soient vigilants ! Qu’ils soient attentifs !
Signé, SE KALIDOU BÂ:
– Étudiant en Sciences Politiques à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques.
– Étudiant en droit à l’Institut Supérieur de Droit de Dakar.
Mail: sonexcellencekalidouba@gmail.com




