Les répercussions de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc le 18 janvier dernier, continuent de susciter une vive controverse. À Rabat, dix-huit supporters sénégalais interpellés à l’issue de la rencontre sont toujours en garde à vue, dans un climat de forte tension alimenté par la diffusion d’images de violences post-match.
Si la victoire des Lions de la Teranga restera comme un moment majeur de l’histoire du football sénégalais, les scènes ayant suivi le coup de sifflet final ont rapidement assombri les célébrations. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos devenues virales montrent des interventions musclées de stadiers et d’éléments des forces de l’ordre marocaines contre des supporters sénégalais. Des charges, des coups de matraque et des bousculades sont visibles, y compris contre des personnes qui tentaient de quitter les lieux sans incident apparent.
Ces images ont provoqué une onde de choc au Sénégal et au sein de la diaspora, où de nombreuses voix dénoncent une réponse jugée excessive et disproportionnée. Certains observateurs parlent d’une répression ciblée, estimant que tous les supporters interpellés n’étaient pas impliqués dans des actes de violence.
Selon les informations disponibles, dix-huit Sénégalais restent détenus à Rabat et attendent désormais d’être fixés sur leur sort. Le parquet marocain a décidé de les déférer ce mercredi, une étape clé qui pourrait accélérer le traitement judiciaire de cette affaire. Du côté des familles, l’inquiétude grandit. Elles réclament davantage de transparence, dénoncent le manque de communication sur les conditions de détention et appellent à une enquête indépendante sur les violences survenues après la finale.
Face à l’ampleur de la polémique, les autorités sénégalaises se sont mobilisées. Des démarches diplomatiques et judiciaires seraient en cours afin de garantir le respect des droits des supporters interpellés et de suivre de près l’évolution de la procédure. Une enquête conjointe entre Dakar et Rabat serait également envisagée pour faire toute la lumière sur les incidents et leurs circonstances.
Dans ce contexte déjà tendu, la condamnation à trois mois de prison ferme d’un ressortissant algérien arrêté lors des mêmes incidents alimente davantage le sentiment d’injustice chez certains observateurs sénégalais, qui pointent un possible traitement différencié des dossiers.
SENEGALDIRECT/LA REDACTION






