À quatre jours du coup d’envoi de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, la fièvre monte dans la tanière. Deux ans après l’élimination précoce et douloureuse en Côte d’Ivoire, l’équipe nationale du Sénégal débarque au Royaume Chérifien avec un statut paradoxal : celui d’un géant blessé qui fait toujours peur, mais qui doit se réinventer. Alors, quelles sont les réelles chances du Sénégal de décrocher une deuxième étoile le 18 janvier prochain ?
Cette CAN 2025 a une saveur particulière. C’est sans doute la « Last Dance » (la dernière danse) pour les cadres de la génération dorée. Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et Edouard Mendy savent que le temps joue contre eux. Leur expérience est indispensable pour encadrer la fougue de la jeunesse, mais les jambes ont-elles encore le feu de 2022 ?
La vraie force du Sénégal réside désormais dans son milieu de terrain et son attaque rajeunie. Avec des pépites comme Lamine Camara, Pape Matar Sarr ou encore un Nicolas Jackson, le Sénégal possède l’un des effectifs les plus complets du tournoi. Si l’alchimie prend entre les vétérans et les « Lionceaux » devenus grands, le Sénégal sera injouable.
Jouer au Maroc est une arme à double tranchant. C’est un pays que les footballeurs sénégalais connaissent par cœur (partenariats, académies, climat). Ils ne seront pas dépaysés. Cependant, l’ombre des Lions de l’Atlas, qui jouent à domicile, plane sur la compétition. Le Maroc est l’archi-favori. Pour gagner, le Sénégal devra probablement battre le pays hôte, ce qui demandera un mental d’acier dans des stades en ébullition.
Après les turbulences sur le banc de touche fin 2024 (le départ d’Aliou Cissé), le staff technique actuel a eu un an pour imposer sa patte. La solidité défensive, marque de fabrique historique des Lions, a parfois vacillé lors des éliminatoires. Pour aller au bout, le Sénégal devra retrouver son hermétisme d’antan tout en libérant sa créativité offensive. L’époque où gagner 1-0 suffisait est révolue ; face à des équipes comme le Nigeria ou l’Algérie, il faudra marquer.
Le Sénégal est incontestablement dans le Top 3 des favoris, aux côtés du Maroc et de la Côte d’Ivoire. Les bookmakers les placent haut. Mais attention à l’excès de confiance ou, à l’inverse, à la pression paralysante. Si les Lions passent la phase de poules sans encombre et montent en puissance, la finale du 18 janvier est à leur portée. Le peuple sénégalais n’attend rien d’autre que le retour du trophée à Dakar.