Le Sénégal a été sacré champion d’Afrique au terme d’une finale haletante face au Maroc, disputée jusqu’à la dernière minute dans un climat de respect mutuel entre les deux équipes. Une rencontre intense, équilibrée, où le Sénégal a fait preuve de sang-froid et de fair-play, acceptant le jeu jusqu’au bout, y compris dans un scénario où une décision arbitrale en toute fin de match aurait pu lui coûter le titre par l’octroi d’un penalty décisif.
Pourtant, au-delà de la performance sportive et de la légitimité de ce sacre, un fait troublant suscite incompréhension et indignation : le silence de la Confédération africaine de football (CAF) et du site officiel de la FIFA, qui ont brillé par leur absence lorsqu’il s’est agi de féliciter le nouveau champion d’Afrique.
Alors que les usages les plus élémentaires du sport international veulent que l’instance continentale et la fédération mondiale saluent le vainqueur de leur propre compétition, le site officiel de la CAF a préféré ignorer le sacre sénégalais pour mettre en avant… l’anniversaire de son président, Patrice Motsepe. Un choix éditorial pour le moins déroutant, voire choquant, qui donne l’impression que l’autocélébration institutionnelle prime désormais sur la reconnaissance du mérite sportif.
Ce silence n’est pas anodin. Il pose une question fondamentale : comment expliquer que le champion d’Afrique en titre ne bénéficie pas, au minimum, d’un message officiel de félicitations de la part des instances censées promouvoir le football africain, son image et ses valeurs ? Comment comprendre que le Sénégal, qui a respecté les règles, accepté le verdict du terrain jusqu’à la dernière seconde et offert une finale digne du football africain, soit ainsi relégué au second plan ?
Plus grave encore, cette attitude alimente un sentiment de deux poids, deux mesures et fragilise la crédibilité des institutions sportives africaines. Le football, au-delà des trophées, repose sur des principes fondamentaux : l’équité, le respect, la reconnaissance de l’effort et du mérite. En ignorant le sacre du Sénégal, la CAF et, dans une moindre mesure, la FIFA, envoient un signal négatif aux joueurs, aux supporters et à l’opinion publique africaine.
Le Sénégal n’a pas seulement remporté une Coupe d’Afrique des Nations, il a défendu sur le terrain l’honneur du football africain par son comportement, son engagement et son professionnalisme. Le minimum attendu des instances dirigeantes était un geste symbolique fort : une félicitation officielle, claire et sans ambiguïté.
À défaut, le silence devient un message. Et ce message est inquiétant pour l’avenir d’un football africain qui aspire à plus de transparence, de respect et de considération pour ses véritables acteurs : les équipes, les joueurs et les peuples qui vibrent pour ce sport.






