Le rideau est tombé brutalement sur l’une des voix les plus singulières du cinéma et du théâtre sénégalais. Halima Gadji, actrice adulée du grand public et figure respectée du milieu artistique, est décédée le lundi 26 janvier 2026 à Dakar. Elle a succombé à un malaise survenu peu après son retour d’un court séjour en France. Elle avait 36 ans.
Sa disparition provoque une vive émotion dans le monde culturel, tant son parcours incarnait une génération d’artistes engagés, talentueux et profondément humains. Révélée au grand public à travers le personnage marquant de Marème Dial, Halima Gadji s’était imposée par une présence à l’écran rare, alliant intensité émotionnelle et justesse de jeu.
Selon les informations communiquées par sa famille, la levée du corps prévue ce mercredi à 11 heures à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand Yoff, ex-CTO est reportée. L’inhumation aura lieu au cimetière musulman de Yoff, tandis que les condoléances seront reçues à la Sicap Foire, non loin de la Résidence 4 Fleurs.
Derrière la comédienne reconnue se trouvait aussi une femme profondément attachée à sa sphère familiale. Mère attentionnée d’Anne Rabia, Halima Gadji accordait une place centrale à ses proches, partageant régulièrement des moments de vie avec sa mère et ses frères et sœurs, dont Kader Gadji, compagnon de route artistique et soutien constant.
Son ultime apparition à l’écran restera comme un testament artistique. Dans la série Bété Bété, produite par Even-Prod, l’actrice livre une performance saisissante lors d’un face-à-face avec le personnage d’Idy, incarné par Cheikh Ndiaye de la troupe Soleil-Levant. En moins d’une minute, Halima Gadji concentre toute la douleur, la désillusion et la dignité d’une femme brisée mais lucide, dans un monologue d’une intensité bouleversante.
Cette dernière scène, aujourd’hui chargée d’une résonance particulière, rappelle l’essence même de son art : dire l’indicible, exposer la fragilité humaine et toucher le public sans artifices. Avec sa disparition, le Sénégal perd bien plus qu’une actrice. Il perd une conscience artistique, une sensibilité rare et une mémoire vivante du jeu vrai.
BIRAMA/SENEGALDIRECT






