Parti s’aguerrir sous les frimas de la Lettonie, Mohamet Lamine Corréa est revenu cet automne sur ses terres de l’AS Pikine. En trois apparitions seulement, l’attaquant de 24 ans a transformé le visage offensif des Vert et Rouge, avec une efficacité qui frise l’insolence.
Le football est parfois une affaire de géographie sentimentale. Pour Lamine Corréa, le chemin le plus court vers la plénitude passait par un retour au bercail. Après deux saisons d’exil au FS Metta, où il a appris la rudesse du professionnalisme européen et soigné ses feuilles de stats (24 buts en 69 matchs), le « natif de Pikine » a retrouvé son jardin. Et visiblement, l’air de la banlieue dakaroise lui réussit mieux que n’importe quel autre.
L’impact immédiat d’un colosse
À Linguère, lors du dernier acte de ce début de saison, Corréa a encore une fois prouvé qu’il jouait dans une autre catégorie. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il n’est pas qu’un simple point d’ancrage. C’est un ailier de débordement capable de se muer en finisseur clinique. Sa fiche de route depuis son retour ? Un petit chef-d’œuvre de rentabilité : 3 matchs, 2 buts et 2 passes décisives. En clair, il est impliqué sur la quasi-totalité des inspirations offensives de son équipe.
Ce n’est plus seulement un retour, c’est une mainmise. Dans les duels, sa puissance athlétique fait des ravages ; dans la zone de vérité, son sang-froid — hérité de ses joutes en Virsliga — glace les défenses adverses. Corréa n’est pas revenu pour faire de la figuration, mais pour endosser le costume de leader qui lui semblait promis avant son départ.
Le facteur X de l’AS Pikine
Pour le staff technique et les supporters, Corréa est ce « facteur X » capable de faire basculer un match sur une accélération ou un coup de tête rageur. À 24 ans, l’heure de la maturité a sonné. Il apporte ce supplément d’âme et d’expérience internationale qui manquait cruellement au collectif pour transformer ses temps forts en succès comptables.
Si le championnat de Ligue 1 est une course d’endurance, l’AS Pikine vient de se doter d’un moteur de grosse cylindrée. Le message envoyé à la concurrence est limpide : le lion est de retour dans sa cage, et il a faim de titres.






