L’audition de Farba Ngom devant la commission ad hoc de l’Assemblée nationale du Sénégal a mis en lumière de profondes tensions politiques et juridiques. Entre contestation de la procédure, défense argumentée et vote marqué par une abstention remarquée, la séance a dépassé le simple cadre technique de la levée de l’immunité parlementaire.
Selon le quotidien L’Échos, le député-maire d’Agnam avait sollicité lui-même son extraction du Pavillon spécial afin d’être entendu par la commission présidée par Ayib Dafé, dans le cadre de la procédure visant une seconde levée de son immunité.
Face aux commissaires, Farba Ngom a adopté une posture de fermeté maîtrisée. Il a réfuté l’ensemble des accusations portées contre lui, niant toute implication dans l’introduction présumée d’un objet au Pavillon spécial, rappelant qu’il est détenu depuis le 27 février 2025. Concernant un téléphone cité dans le dossier, il a soutenu que l’appareil aurait circulé plusieurs jours entre d’autres mains, excluant toute responsabilité quant à son contenu.
Mais l’essentiel de sa défense s’est concentré sur la régularité de la procédure. L’élu a dénoncé ce qu’il considère comme des violations graves de ses droits parlementaires, affirmant avoir été extrait à deux reprises pour audition et déféré sans que son immunité ne soit levée au préalable. Des arguments juridiques qui ont visiblement trouvé un certain écho au sein de la commission.
Au moment du vote, huit membres se sont prononcés en faveur de la levée de l’immunité, contre deux voix opposées. Toutefois, l’abstention de Alioune Ndao, ancien procureur spécial près la CREI et membre de la majorité présidentielle, a retenu l’attention. Un geste interprété comme une réserve face aux irrégularités soulevées.
Au-delà de l’enjeu judiciaire, cette audition revêt une forte dimension politique. Responsable de la mobilisation de l’APR, Farba Ngom a cherché à apparaître comme la cible d’une procédure contestable, tandis que la majorité parlementaire a confirmé sa volonté de laisser la justice suivre son cours, malgré les signaux de malaise internes.
MOUSSA NOEL/SENEGALDIRECT






