Invité ce mardi 3 février dans l’émission RFM Matin, le journaliste Pape Ngagne Ndiaye a livré une prise de parole sans concession sur l’état des libertés publiques au Sénégal. Récemment convoqué puis relâché à la suite de son émission Faram Face, il a exprimé un profond malaise face à ce qu’il considère comme une contradiction entre les discours portés hier par certains responsables politiques et les pratiques observées depuis leur arrivée au pouvoir.
Selon le journaliste, le climat actuel traduit un affaiblissement préoccupant des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’opinion. Il estime que cette situation est d’autant plus difficile à accepter qu’elle intervient sous un leadership qui s’était construit, par le passé, sur la dénonciation des abus et la défense des droits citoyens.
Pape Ngagne Ndiaye pointe directement la responsabilité morale du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il dit avoir longtemps perçu comme un symbole de résistance démocratique. Il confie sa déception face à ce qu’il considère comme un renoncement aux engagements pris durant les années d’opposition, appelant à une cohérence entre les combats d’hier et les décisions d’aujourd’hui.
Élargissant son propos, le journaliste évoque d’autres affaires récentes, notamment l’arrestation de Badara Gadiaga, qu’il juge incompréhensible dans un contexte se réclamant de la rupture. À ses yeux, une prise de position claire de l’exécutif aurait été nécessaire pour préserver l’esprit de liberté revendiqué.
Revenant enfin sur sa propre audition, Pape Ngagne Ndiaye dénonce ce qu’il qualifie de déséquilibre dans l’attribution des responsabilités. Il s’interroge sur une logique judiciaire qui, selon lui, cible des acteurs périphériques plutôt que les auteurs directs des propos incriminés. Une situation qu’il décrit comme révélatrice d’un malaise plus profond entre pouvoir politique, justice et liberté de la presse.
MOUSSA NOEL/SENEGALDIRECT






