Quelques heures après les tirs nourris entendus près du siège de la Commission nationale des élections (CNE) à Bissau, la confusion continue de dominer la capitale guinéenne. Alors que la population attendait des explications des autorités militaires, l’état-major des forces armées avait initialement annoncé une conférence de presse prévue à 14 heures. Cependant, celle-ci a été brusquement annulée, officiellement en raison « d’ordres supérieurs », alimentant encore davantage les spéculations sur la nature réelle de la crise en cours.
Dans le même temps, plusieurs stations de radio de la ville ont été occupées par des éléments des forces armées. Selon des sources locales, les soldats ont ordonné leur fermeture immédiate, sans fournir de justification. Ces actions renforcent le climat d’incertitude et laissent planer de nombreuses interrogations sur la situation politique et sécuritaire du pays.
Cet épisode survient dans un contexte déjà extrêmement sensible. La Guinée-Bissau est en attente des résultats définitifs du double scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre dernier, un vote initialement salué comme globalement calme. La tension semble désormais à son comble, alors que les institutions électorales s’apprêtaient à communiquer les données finales.
L’annulation de la conférence de presse, combinée au contrôle des médias locaux, fait craindre un durcissement de la situation et une possible lutte interne au sein des forces de sécurité ou des sphères politiques. Les citoyens, eux, restent dans l’attente d’informations fiables, tandis que les autorités n’ont, pour l’heure, livré aucune communication officielle supplémentaire.






