La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a franchi un nouveau seuil. Dans un communiqué rendu public, le Collectif des Amicales de l’UCAD annonce son intention d’engager des actions judiciaires contre plusieurs autorités de l’État, qu’il tient pour responsables des événements survenus lundi 9 février sur le campus social.
Selon le collectif, cette journée, qualifiée de « lundi noir », n’avait fait l’objet d’aucun appel à manifestation. Les étudiants auraient été invités à rester dans leurs chambres. Il affirme néanmoins que les forces de défense et de sécurité sont intervenues sur le campus en matinée, une action que l’organisation juge injustifiée.
Le collectif avance que l’étudiant Abdoulaye Ba aurait perdu la vie à la suite de violences imputées aux forces de l’ordre, une version contestée par les autorités et non encore établie par une enquête indépendante. Il évoque également des tirs présumés, des intrusions dans des pavillons, ainsi que des actes de vandalisme et de vols. Ces accusations restent, à ce stade, des allégations.
Tenant pour responsables politiques le Président de la République, le Premier ministre, les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur, le Collectif des Amicales dit envisager des poursuites devant les juridictions nationales et internationales, et annonce aussi une plainte pour diffamation contre le Premier ministre.
En réaction, l’organisation décrète « université morte » jusqu’à nouvel ordre et appelle les étudiants à quitter le campus, conditionnant la reprise à la libération des camarades arrêtés et à l’établissement des responsabilités. Elle dénonce enfin la fermeture du campus social par le COUD, jugée « non concertée » et inadaptée au contexte.
Le collectif a présenté ses condoléances à la famille d’Abdoulaye Ba et réaffirmé sa mobilisation en faveur de la cause estudiantine, tout en appelant les organisations de défense des droits humains à se saisir du dossier.
MOUSSA NOEL/SENEGALDIRECT




