La crise politique et sociale en Iran a franchi un nouveau seuil de tension. Alors que des manifestations d’une ampleur inédite se poursuivent à Téhéran et dans plusieurs grandes villes, le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que son pays se tenait prêt à toute éventualité, y compris militaire, face aux menaces répétées des États-Unis.
Lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran « ne cherche pas la guerre », tout en se disant pleinement préparé à y faire face. Cette prise de position intervient après les déclarations de l’ancien président américain Donald Trump, qui n’a pas exclu une intervention militaire si la répression du mouvement de contestation se poursuivait. Washington évoque parallèlement la possibilité de négociations, sans renoncer pour autant à des « options très fortes ».
Sur le terrain, la situation reste explosive. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 192 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation le 28 décembre. L’organisation alerte toutefois sur un bilan potentiellement bien plus lourd, évoquant des informations non confirmées faisant état de plusieurs centaines, voire de milliers de morts, ainsi que de plus de 2 600 arrestations. L’IHR dénonce un « massacre » et des violations majeures des droits humains.
Malgré une coupure quasi totale d’internet imposée depuis le 8 janvier, des images continuent de filtrer grâce à des connexions satellitaires. Elles montrent des rassemblements nocturnes massifs dans la capitale et d’autres villes comme Machhad, ainsi que des scènes poignantes devant des morgues. À Téhéran, la vie quotidienne est fortement perturbée, selon des témoins.
Initialement motivé par la flambée des prix et l’hyperinflation, le mouvement s’est progressivement transformé en une contestation directe du pouvoir. Il intervient dans un contexte national fragilisé par la guerre de douze jours avec Israël en juin 2025, l’affaiblissement des alliés régionaux de l’Iran et le durcissement des sanctions internationales liées au programme nucléaire.
Face à la colère populaire, les autorités iraniennes ont appelé à des manifestations de soutien au régime et décrété trois jours de deuil national pour les membres des forces de sécurité tués. Le président Massoud Pezeshkian a invité la population à participer à des « marches de résistance », accusant des « éléments terroristes » manipulés par des puissances étrangères d’être à l’origine des violences.
De leur côté, des organisations de défense des droits humains alertent sur une situation sanitaire critique, évoquant des hôpitaux saturés et des réserves de sang en baisse. À l’étranger, la contestation trouve un écho croissant, avec des rassemblements de solidarité organisés dans plusieurs capitales européennes, notamment à Paris, Londres et Vienne.
Senegaldirect/la redaction






