L’interpellation d’un ressortissant français à Beauvais, en avril dernier, a ouvert la voie à une enquête de grande ampleur dont les ramifications s’étendraient jusqu’à la Petite-Côte sénégalaise. Au-delà de l’arrestation du principal suspect, les investigations ont mis au jour l’existence d’un système organisé d’exploitation présumée de mineurs, structuré dans la durée et soutenu par des flux financiers transnationaux.
Le dossier, couvrant la période 2015–2025, met en cause Pierre Robert, soupçonné d’avoir coordonné ce réseau depuis une villa située à Saly. Selon des éléments relayés par Kawtef, l’organisation ne reposerait pas sur une action isolée, mais sur une hiérarchie de relais locaux aux rôles définis, opérant sur le territoire sénégalais.
Les enquêteurs ont identifié deux figures centrales : A. Lô, présentée comme proche du mis en cause, et B. Diallo, décrit comme un recruteur clé. D’après les éléments versés au dossier, des intermédiaires locaux auraient été chargés d’approcher et de préparer les victimes, toutes mineures, avant leur mise en relation avec le principal suspect et des tiers.
Des supports numériques ont été saisis lors de perquisitions, et des témoignages de victimes recueillis, décrivant un mode opératoire récurrent centré sur la villa de Saly, utilisée comme lieu de rencontres du réseau. Les autorités précisent que l’analyse de ces éléments se poursuit.
Sur le plan financier, l’enquête a mis en évidence des transferts réguliers, notamment via Western Union, destinés à couvrir les frais de fonctionnement (logements, achats, rémunération des intermédiaires). Les autorités judiciaires poursuivent l’exploitation des pièces afin d’établir l’étendue exacte des complicités et les responsabilités individuelles, dans le respect de la présomption d’innocence.
LA REDACTION/SENEGALDIRECT






