La disparition soudaine de l’actrice sénégalaise Halima Gadji, fauchée lundi soir par un malaise, continue de susciter une profonde émotion dans le monde culturel africain. Révélée par son rôle dans la série Maîtresse d’un homme marié, elle laisse derrière elle une carrière admirée et un vide immense dans le cœur de ses proches, collègues et fans.
Parmi les nombreux hommages, celui de l’artiste camerounaise Kareyce Fotso a particulièrement marqué les esprits. Dans un message publié après l’annonce du décès, la chanteuse et compositrice évoque la souffrance invisible et les violences symboliques auxquelles les artistes sont souvent confrontés sur les réseaux sociaux.
« On a trop souvent pris la souffrance pour un spectacle. On a confondu les cris avec de la provocation, les silences avec de la faiblesse », écrit-elle, rappelant la transparence émotionnelle de Halima Gadji et la manière dont elle exprimait ses douleurs personnelles. Kareyce Fotso dénonce également la brutalité des commentaires en ligne et la pression constante qui pèse sur les créateurs, soulignant que ces agressions verbales aggravent les combats intimes, notamment contre la dépression.
L’artiste met en lumière le contraste entre les critiques formulées de leur vivant et les hommages posthumes. « Quand le pire arrive, les mêmes voix se transforment en plumes d’hommages. Des mots doux, tardifs, qui ne réparent rien », écrit-elle, en appelant à plus de responsabilité dans l’espace public.
Au-delà de l’hommage, ce message se veut une leçon collective : « Que cette perte nous serve de leçon. Les mots tuent parfois plus sûrement que le silence. Prenons enfin la dépression au sérieux. Apprenons à être humains avant d’être spectateurs », conclut-elle, invitant à une plus grande empathie et à une meilleure écoute des artistes.






