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Décès de « Samba Abidjan » : Les témoignages de You et Abou Diouba

Connu pour ses extravagances et ses largesses, le milliardaire mauritanien Sambayal Gaye n’est plus. Celui dont les nombreux surnoms ont été déclamés à travers la célèbre chanson de Youssou Ndour, «Yarou», est parti sur la pointe des pieds, hier vendredi.
«Samba Abidjan», «Samba Lafayette», ce refrain entraînant de Youssou Ndour, a bercé plusieurs générations de mélomanes. Dédié au célèbre homme d’affaires mauritanien, qui a amassé ses richesses entre Abidjan et les pays arabes, il traduit à souhait les «prouesses» de l’homme. Le roi du Mbalakh n’est d’ailleurs pas le seul à lui avoir déclamé des notes. Amy Koïté et Abou Diouba Deh ont aussi chanté les louanges de l’homme d’affaires mauritanien, originaire de Kaédi. De son vrai nom Sambayal Gaye, le milliardaire réputé pour sa générosité sans bornes, s’est éteint hier. Loin de tous projecteurs et fastes qui ont jadis marqué sa vie.
Dans les années 90, il a été une sorte de grand manitou dans le monde du show-biz. Pratiquement tous les grands artistes africains ont bénéficié de ses largesses. C’est au pays de la Lagune Ebrié que tout a démarré pour le Hal Pular bon teint qui a construit autour de lui un empire. Il était également un marabout très couru par des Présidents africains. En France où il séjournait le plus souvent, il a laissé des traces indélébiles de ses extravagances. Avec une grande propension à étaler sa fortune, le milliardaire ne sourcillait pas lorsqu’il fallait réserver, à lui tout seul, un hôtel cinq étoiles au cœur de la capitale française. Il avait ainsi ses habitudes au mythique «Concorde Lafayette» devenu aujourd’hui l’hôtel «Hyatt Regency Paris Etoile», un gratte-ciel situé dans le 17e arrondissement de Paris, près de la porte Maillot. Ce qui lui a d’ailleurs valu son surnom de «Samba Concorde»
. Il va malheureusement tomber de haut avant de retomber brusquement dans l’anonymat d’où il s’est extirpé par la force des projecteurs. Donné pour mort à plusieurs reprises par la rumeur, sa santé était devenue de plus en plus vacillante. Son état s’était aggravé il y a moins d’un mois, avant qu’il ne rejoigne l’au-delà…
ABOU DIOUBA DEH CHANTEUR ET AMI DU DEFUNT : «A l’hôpital, il m’a demandé de prier pour lui»
«Il y a une vingtaine de jours, nous nous sommes parlés au téléphone. A ce moment, il était malade et hospitalisé en France. C’est par le biais de sa fille que nous avons pu échanger brièvement, car il n’était mal-en-point. Il m’a demandé de prier pour lui avant que la liaison ne se coupe. Je l’ai connu depuis 1984 en Mauritanie. Nous étions de bons amis et avions gardé le contact. C’est par la suite qu’il a été en Côte d’Ivoire, puis au Zaïre. Dans les années 1990, il vivait en France et, au même moment, j’y séjournais dans le cadre d’un événement culturel. Il m’avait invité ainsi que plusieurs autres artistes de renom, dont Amy Koïta, Touré Kounda, Tshala Muana, Feu Ndiaga Mbaye, à son hôtel «Concorde Lafayette». Il célébrait le baptême de son enfant. Il a par la suite habité ici au Sénégal et on se voyait beaucoup. Il fréquentait les restaurants et autres endroits huppés de Dakar. C’était un homme généreux qui ne regardait jamais à la dépense lorsqu’il s’agit de faire du bien autour de lui. Il a construit plusieurs mosquées et grâce à lui, plusieurs personnes ont pu accomplir le pèlerinage à La Mecque. Il donnait sans compter et sans distinction, et c’est d’ailleurs ce qui a causé sa perte. Toutefois, jusqu’à sa mort, il est resté digne. D’aucuns disent qu’il s’était ruiné. Il n’était certes plus milliardaire, mais il lui restait tout de même des millions pour vivre décemment. Récemment, il m’avait demandé de lui faire des audios et de chanter pour lui, ce que j’ai fait avec plaisir. Je le savais diabétique, mais il se soignait depuis près de 5 ans en France où il s’était établi. Sa mort m’attriste au plus haut point…»
YOUSSOU NDOUR, LEAD VOCAL DU SUPER ETOILE : «Un contributeur à la promotion de la culture»
«C’est avec une grande consternation que j’ai appris le décès de Samba Gaye à qui j’ai eu à dédier une chanson «Samba Abidjan» (Yarou). Symbole de générosité et courtoisie empreinte de respect, Samba, une merveille divine, était un contributeur infatigable à la promotion de la culture. Les hommes s’en vont, les actes demeurent. Samba Gaye laisse le pays, celles et ceux qui l’ont connu, orphelins de sa bonté. Que Le Tout-Puissant l’accueille dans Son Paradis. Amine.»

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