Le football sénégalais a connu une soirée amère à Londres, le 15 novembre 2025, lors du match amical entre les Lions de la Teranga et le Brésil à l’Emirates Stadium. Battu 2-0, le Sénégal a vu s’interrompre sa remarquable série d’invincibilité de 26 matchs. Mais au-delà de la défaite sportive, c’est un autre bilan, bien plus préoccupant, qui domine les discussions : plus de 540 millions de FCFA auraient été perdus par des parieurs sénégalais, misant massivement sur leur équipe nationale.
Cette rencontre, suivie par près de 60 000 spectateurs et riche en intensité, avait tout d’une revanche. En 2023, les Lions avaient surpris le monde en battant le Brésil 4-2. Confiants, de nombreux supporters ont parié sur une nouvelle performance historique. Pourtant, dès la première période, la Seleção s’est imposée avec autorité. Estêvão a ouvert le score à la 28e minute, profitant d’une défense sénégalaise hésitante. Sept minutes plus tard, Casemiro a doublé la mise sur coup franc, creusant un écart que les Lions n’ont jamais réussi à combler.
Malgré une seconde période plus entreprenante, illustrée par une frappe d’Iliman Ndiaye sur le poteau, les tentatives des Sénégalais sont restées vaines. La sortie sur blessure de Pape Matar Sarr a accentué les difficultés de l’équipe de Pape Thiaw, qui concède ainsi sa première défaite à la tête de la sélection.
Mais c’est surtout l’onde de choc des paris perdus qui interpelle. Boostée par la popularité du football et l’essor des plateformes de paris en ligne, une grande partie de la population, notamment les jeunes, avait misé sur une victoire ou un nul du Sénégal. La défaite a entraîné des pertes lourdes, ravivant le débat sur les dérives des paris sportifs : endettement, dépendance et risques économiques pour des ménages déjà fragiles. Dans un pays où le SMIC tourne autour de 60 000 FCFA, ces pertes collectives soulignent l’urgence de réguler davantage ce secteur en pleine expansion.