Le Magal de Touba, événement religieux majeur qui réunit chaque année des millions de pèlerins, la question de la responsabilité des acteurs des médias sociaux refait surface. Parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer certaines dérives, celle de Mame Cheikh Fall se fait particulièrement entendre. Le communicateur et observateur de la vie publique a récemment attiré l’attention sur l’attitude jugée « déplacée » de certains influenceurs durant ce rendez-vous spirituel.
Selon lui, le Magal, qui devrait rester un moment de recueillement, de ferveur religieuse et de communion, tend de plus en plus à être récupéré par des créateurs de contenus en quête de visibilité. Les réseaux sociaux deviennent alors le théâtre de comportements qui, loin d’honorer la mémoire de Cheikh Ahmadou Bamba, frisent parfois le sensationnalisme, la provocation et la marchandisation d’un événement sacré.
Les critiques portent notamment sur les directs intempestifs, les mises en scène superficielles et la recherche effrénée de buzz. Certains influenceurs, au lieu de partager des messages d’édification spirituelle ou de contribuer à une meilleure compréhension de la portée religieuse et historique du Magal, se livrent à des exhibitions considérées comme irrespectueuses. Une attitude qui, selon Mame Cheikh Fall, risque de banaliser la portée sacrée de cette commémoration.
Il invite dès lors les autorités religieuses, les communicateurs traditionnels et les régulateurs des médias à prendre la mesure de cette problématique. L’objectif, selon lui, n’est pas de restreindre la liberté d’expression, mais de préserver le caractère sacré de l’événement. Il suggère aussi une sensibilisation accrue auprès des jeunes influenceurs, souvent motivés par la quête d’abonnés et de partenariats commerciaux, afin de leur rappeler que le Magal est avant tout un moment de foi et de spiritualité.