Le dossier des supporters sénégalais incarcérés au Maroc connaît un tournant majeur. Les 17 détenus arrêtés à la suite des incidents survenus après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations ont entamé, ce vendredi, une grève de la faim, marquant ainsi un durcissement notable de leur mouvement de protestation.
La décision a été officiellement portée à la connaissance de leur avocat, Me Patrick Kabou, à travers un message collectif au ton à la fois digne et grave. Dans cette déclaration, les supporters commencent par exprimer leur reconnaissance envers les autorités diplomatiques sénégalaises, leur conseil juridique et le peuple sénégalais, dont ils disent tirer une force morale essentielle. Ils adressent également un message aux Lions du football, rappelant leur attachement aux valeurs de paix et de téranga.
Se présentant comme des supporters pacifiques, les détenus affirment ne nourrir aucune hostilité à l’égard du Maroc, qu’ils qualifient de pays frère. Toutefois, ils dénoncent une situation qu’ils estiment contraire aux principes élémentaires de justice. Arrêtés depuis le 18 janvier, ils soutiennent n’avoir toujours pas été entendus par une juridiction marocaine, ni informés clairement des faits qui leur sont reprochés.
Les supporters évoquent également un obstacle linguistique majeur, affirmant que les procédures se déroulent en français et en arabe, des langues qu’ils ne maîtrisent pas, ce qui, selon eux, compromet gravement leur droit à la défense.
Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse judiciaire, ils annoncent avoir opté pour une action collective radicale : un jeûne prolongé, mené dans la prière et le recueillement, jusqu’à ce que la justice marocaine accepte de les entendre. Dans un dernier appel empreint de spiritualité, ils sollicitent la mise à disposition de khassidas et du Saint Coran, afin d’accompagner cette démarche qu’ils présentent comme un acte de foi autant qu’un cri d’alerte.
OUSMANE DIOP/SENEGALDIRECT






