Les autorités sénégalaises poursuivent leur offensive contre la fraude documentaire. À Rosso, un individu a été interpellé par les éléments du commissariat spécial alors qu’il était en possession d’un passeport mauricien suspect, rapidement identifié comme falsifié.
L’affaire, confiée à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), a permis de confirmer, après expertise technique, que le document présenté était contrefait. Le passeport portait le nom de « Gabriel Sow », une identité qui s’est révélée fictive au fil des investigations.
Les enquêteurs ont en effet découvert une contradiction majeure : le suspect détenait également une pièce d’identité sénégalaise authentique établie au nom de Thierno Sow, né à Dakar. Confronté à ces éléments, il a reconnu les faits et admis avoir eu recours à un réseau pour obtenir le faux document.
Selon ses déclarations, il aurait déboursé près de deux millions de francs CFA pour se procurer ce passeport frauduleux. Il explique avoir été mis en relation, via les réseaux sociaux, avec un intermédiaire se faisant appeler « Aboo Alabaas ». Les échanges se seraient ensuite poursuivis sur WhatsApp avec un contact basé à l’étranger, notamment en Turquie.
Le mode opératoire décrit fait état d’un paiement initial, de l’envoi d’une photo d’identité et du choix d’un nom fictif, avant la livraison du document par voie de colis express après règlement du solde.
À l’issue de la procédure, le mis en cause a été présenté au parquet de Saint-Louis. Il est poursuivi pour faux et usage de faux ainsi que pour usurpation d’identité, dans un dossier qui illustre l’ampleur et la sophistication croissantes des réseaux de fraude documentaire.
BIRAMA GAYE/SENEGALDIRECT






