Le meurtre de Baba Abdoulaye Diop, plus connu sous le pseudonyme de « Guelwaar », en France, vient de livrer ses secrets les plus glaçants. Ce qui n’était au départ qu’une guerre de mots et d’insultes sur les réseaux sociaux s’est mué en une exécution sommaire en pleine rue. Les révélations du quotidien Libération ce vendredi lèvent le voile sur l’engrenage fatal qui a conduit son compatriote, surnommé « Baol », à commettre l’irréparable.
Selon les éléments de l’enquête rapportés, la victime ne s’était pas rendue chez son bourreau pour en découdre physiquement, mais pour poser un acte symbolique : « révéler le visage » de celui qui le harcelait anonymement ou à distance. C’est une démarche de démasquage qui a tourné au cauchemar.
La scène décrite est terrifiante de froideur. À la question de Guelwaar « Tu me connais ? », la réponse de « Baol » ne fut pas verbale. Le repli stratégique du meurtrier présumé à l’intérieur de son domicile n’était pas une fuite, mais une préparation. En ressortant armé d’un couteau pour poursuivre sa victime et la poignarder devant témoins, « Baol » a transformé une dispute de voisinage numérique en un homicide volontaire. L’intention de donner la mort semble ici prendre le pas sur une quelconque notion de légitime défense, la victime n’étant pas armée au moment des faits selon le récit.
Ce drame met en lumière la toxicité extrême qui règne parfois au sein de la communauté sénégalaise sur les plateformes numériques. L’enquête de la police française est formelle : cela faisait près d’un an que Baba Abdoulaye Diop vivait sous la menace.
L’exploitation téléphonique confirme que ce meurtre n’est pas un acte isolé de colère, mais l’aboutissement d’une campagne de terreur psychologique orchestrée par ce que les enquêteurs qualifient de « gang ». Le passage à l’acte de « Baol » est le symptôme d’une violence virtuelle qui, faute de régulation et de modération, finit par traverser les écrans pour faire couler le sang.
L’affaire prend désormais une tournure internationale. Libération révèle que les ramifications de ce « gang » s’étendent jusqu’au Sénégal. Cette information est capitale : elle signifie que les complices ou instigateurs restés au pays ne sont plus à l’abri.