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Elections en RDC: la campagne électorale suspendue à Kinshasa

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En République démocratique du Condo, la campagne électorale vient d’être suspendue, ce mercredi, à Kinshasa, à quatre jours du scrutin. Alors que le candidat de l’opposition Martin Fayulu était attendu dans la capitale pour tenir un meeting dans la capitale et reste bloqué à l’entrée de la ville, les autorités ont justifié cette décision par les tensions sécuritaires.

C’est par un communiqué signé du gouverneur de Kinshasa que la nouvelle est tombée, au nom « d’impératifs sécuritaires ». Le gouverneur André Kimbuta invoque plusieurs motifs, il cite les « incidents » qui ont émaillé la campagne électorale ces derniers jours et qui ont causé « d’importants dégâts ».

Il évoque aussi des renseignements qui auraient été reçus et selon lesquels, dans tous les camps politiques des principaux candidats à la présidentielle, des extrémistes « se seraient préparés à une confrontation de rue ». Et le gouverneur explique que cette situation menace gravement la sécurité des personnes et serait de nature à compromettre le processus électoral, d’où cette suspension. Le gouverneur précise toutefois que les activités de campagne dans les médias sont, elles, maintenues sans exception.

Martin Fayulu empêché d’entrer dans Kinshasa

Cette annonce est intervenue alors que le candidat Martin Fayulu était attendu à Kinshasa. Il devait arriver par la route, mais a été empêché de rentrer dans la capitale congolaise. Des centaines de partisans étaient déjà rassemblés depuis mercredi 19 décembre matin sur la place Sainte-Thérèse de Ndjili pour assister à son meeting.

Le candidat se dit « prisonnier dans son propre pays ». Contacté par RFI, Martin Fayulu a vivement critiqué la suspension de la campagne. « Cette décision du gouverneur est totalement illégale, le gouverneur n’a aucune qualité pour suspendre les activités de campagne, a lancé le candidat à la présidentielle. Dans ce cas-là, qu’on suspende la campagne dans toute la République démocratique du Congo ! J’ai décidé de m’arrêter aujourd’hui à Kinshasa, de m’addresser au peuple de Kinshasa, mais de quoi ont-ils peur ? Aucun de nos militants n’est violent », assure-t-il.

De part et d’autre de cette barrière de police, des partisans de Martin Fayulu étaient venus pour l’accompagner. Certains y sont encore, d’autres ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène. D’autres, pour protester, ont allumé des feux. Martin Fayulu se dit « déterminé » encore à cette heure à rejoindre la Place Sainte-Thérèse de Ndjili, où l’attendent d’autres partisans. Après un moment de tension dans l’après-midi, certains de ses partisans continuent de chanter en expliquant que cette situation ne les dissuadera pas de voter. Ils demandent aux autorités de libérer le candidat.

Une suspension « illégale »

Mercredi 19 dans la matinée, la rumeur d’une interdiction courait déjà. Les policiers étaient venus trouver l’équipe de campagne de Martin Fayulu sur le lieu du meeting. Cette équipe avait dénoncé des intimidations, mais disait avoir reçu l’assurance du chef de la police provinciale que le meeting était autorisé. Un meeting qui, initialement, devait se tenir au stade Tata Raphaël. Le stade avait été réservé et payé par le camp Fayulu jusqu’à ce que mardi 18, dans un courrier, les administrateurs du stade informent l’équipe que finalement ledit stade était réservé sans plus de précisions, ce qui avait déjà contraint Martin Fayulu à modifier le lieu de son meeting.

Même réaction du côté de l’autre candidat de l’opposition, Félix Tshisekedi. Pour sa coalition, Cap sur le changement, suspendre la campagne à Kinshasa est illégal et non avenu. Le candidat promet de maintenir son meeting dans la capitale vendredi.

Sur son compte Twitter, Félix Tshisekedi « condamne le traitement réservé » à Martin Fayulu. « Cette méthode, écrit-il, qui consiste à empêcher un opposant de finir paisiblement sa campagne est vile et abjecte. On se croirait revivre la fin de la campagne d’E. Tshisekedi en 2011. »




Cette méthode qui consiste à empêcher 1 opposant de finir paisiblement sa campagne est vile et abjecte.On se croirait revivre la fin de la campagne d’E. Tshisekedi en 2011. Je condamne le traitement réservé au candidat de https://t.co/VFueY0zjqp vise à diviser l’opposition.
— Félix A. Tshisekedi (@fatshi13) 19 décembre 2018


Pour l’organisation La Voix des sans voix, les raisons sécuritaires avancées « ne tiennent pas debout ». L’ONG se dit très préoccupée par les entraves dont font l’objet certains candidats. Pour son directeur exécutif, Rostin Manketa, cette suspension de la campagne électorale est illégale.


Selon le calendrier électoral, la campagne s’achève ce vendredi 21 décembre sur tout le territoire.

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