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Exclusif : L’avion intercepté à Ziguinchor avait bel et bien toutes les autorisations du Sénégal

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Dans un communique largement diffusé dans la presse la semaine dernière, le ministère du Tourisme et des Transports aériens dit avoir intercepté et immobilisé un aéronef qui survolait la région de Ziguinchor “sans autorisation de navigation”. Des sources de Senego démentent cette thèse du ministère. Nos sources affirment que l’avion présenté comme “espion” par les autorités sénégalaises n’en est pas un.

La même structure avait servi à une enquête au Sénégal

En effet, du 1er au 02 avril 2021, une mission de l’ANACIM s’est rendue à Ziguinchor aux fins de procéder à une enquête sur les activités de l’aéronef de type CESSNA-T3 immatriculé CN-FLY opéré par ETAFAT, entité marocaine qui intervient dans les domaines du Foncier, du Conseil de l’Ingénierie, de Dara Géo Spatiale et des Systèmes d’Informations Géographiques.

Un paradoxale dans cette affaire. La structure ETAFAT a effectué des prestations pour le compte de l’Agence nationale de l’Aménagement du territoire (ANAT) du Sénégal du 20 février au 1er mars 2021 dans le cadre du programme de “Promovilles”. Ainsi les localités de Diourbel, Keur Massar, Matam, Tambacounda, Kolda et Ziguinchor ont été survolées.

Une collaboration effectuée entre autorités bissau-guinéennes et sénégalaises

Nos sources confidentielles soulignent que l’aéronef concerné devait effectuer des travaux de prise de vues aériennes pour le compte de la Guinée Bissau dans le cadre d’un projet hydroélectrique. A cet effet, une autorisation a été établie par l’Aviation civile Bissau-guinéenne sous le numéro SA011/AACGB/DTA/DRCEO/2021.

Dans le cadre de ces opérations, l’exploitant de l’aéronef avait demandé à effectuer des escales techniques à l’aéroport de Ziguinchor, conformément aux libertés de l’air consacrées par le Convention de Chicago relative à l’aviation civile internationale (article5 : droits des aéronefs n’assurant pas services régulier).

L’autorisation de l’Anacim délivrée le 26 mars

Ainsi, une autorisation lui a été délivrée par l’ANACIM sous le numéro 751/2021/ANACIM/DG/DTA/KB du 26 mars 2021, conformément aux articles 5 et 7 de l’Arrêté n°1258/MIET/ANACS/DTAET du 17 février 2004. Selon toujours les sources confidentielles de Senego, “conformément audit arrêté, les autorisations concernant cette opération (travail aérien) sont délivrées par l’Autorité de l’Aviation civile.”

Nous rappelons qu’à toutes fins utiles que seuls les vols d’Etat ou à caractère officiel font l’objet d’une coordination et d’une procédure incluant le MTTA (Ministère du Tourisme et des Transport Aérien), le MAESE (Ministère des Affaires Etrangères et Sénégalais de l’Extérieur) et le MFA (Ministère des Forces Armées) préalablement à la délivrance d’une autorisation par l’ANACIM.

Les opérations de l’aéronef de type CESSNA-T3 immatriculé CN-FLY consistaient à effectuer de façon journalière des vols d’environ cinq (05) heures par jour de temps sur BISSAU, avant de revenir sur Ziguinchor pour escale technique et repos équipage. Ainsi trois (03) rotations journalières ont été effectuées du 29 au 31 mars 2021.

Le jeu clair-obscur de l’Anacim ?

Selon toujours les sources de Senego, dès que l’ANACIM a été informée de la présence de cet aéronef, elle a mis en œuvre les diligences suivantes : “instruction au Commandant de l’aéroport Ziguinchor de bloquer l’aéronef qui devait retourner à Casablanca le 1er avril 2021 à 10 heures; Information du Ministre du Tourisme et des Transports aériens par voies de rapport préliminaires transmis le 1er avril 2021, les activités planifiées de l’aéronef, les demandes reçues de l’exploitant ainsi que l’autorisation délivrée par l’ANACIM, suite à celle délivrée par l’Autorité de l’Aviation civile de Guinée Bissau, conformément aux procédures applicables et l’envoi d’une mission d’enquête à Ziguinchor par le vol d’Air Sénégal de l’après-midi du 1er avril (départ à 16h40 et retour le 2 avril 2021).”

A Ziguinchor, les enquêteurs de l’ANACIM ont auditionné l’équipage de l’aéronef composé de deux pilotes et d’un topographe qui sont de nationalité marocaine, en présence du Commandant de la Brigade de Recherche de la Gendarmerie de Ziguinchor.

L’indignation des pilotes

Les pilotes entendus ont affirmé avoir régulièrement suivi les instructions de la tour de contrôle de Ziguinchor. Ainsi, à l’arrivée, ils quittent le niveau 65 pour descendre à 2800 pieds sur autorisation de la tour de contrôle de Ziguinchor jusqu’à ce qu’ils aient la piste en vue pour atterrir.

Les pilotes ont affirmé n’avoir pas connaissance du survol d’une zone à caractère militaire du fait qu’aucune information concernant cette zone n’a été publiée, conformément aux procédures applicables dans le domaine aéronautique.

Par ailleurs, l’équipage a également affirmé n’avoir pris aucune photo sur le territoire sénégalais. Une visualisation des photos prises dans le cadre de leur opération, en présence du Commandant de gendarmerie de la brigade de recherche de Ziguinchor a confirmé ces affirmations. “L’intégralité de ces photos a été prise sur le territoire Bissau-guinéen dans une zone hydrographique le long de la rivière RIO-CORUBAL dans la région de Bafata”, nous soufflent nos interlocuteurs.
Le contre-pieds des accusations d’espionnage brandies par le ministère

Des affirmations qui démentent catégoriquement celles du département ministériel du Dr Alioune Sarr. Faut-il le rappeler, le ministère du Tourisme et des Transports aériens dans son communiqué dit avoir “constaté le survol de l’espace aérien national, avec prise de vue dans la région de Ziguinchor, notamment dans les zones de sécurité”.

Aussi , notons qu’afin d’assurer l’avitaillement en carburant, l’équipage a fait venir à partir de l’aéroport de Diass, un véhicule contenant sept (07) fûts de deux cents (200) litres l’unité, acquis au niveau de Total AIBD.

Bien évidemment une question se pose avec acuité. Comment un aéronef a-t-il pu avoir toutes ces autorisations des autorités en charge de l’aviation civile et de l’administration s’il est un “espion” ?

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