Le dossier judiciaire de Farba Ngom prend une nouvelle tournure avec l’ouverture d’une procédure parallèle liée à des faits survenus en milieu carcéral. Le député-maire des Agnam est attendu ce jour devant le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, pour être entendu dans une affaire distincte portant sur la détention présumée de téléphones portables en prison, en violation de la réglementation pénitentiaire. Un agent de l’administration pénitentiaire, soupçonné d’avoir facilité l’introduction de ces appareils, doit également être présenté à la justice.
Cette évolution intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par l’appel du parquet contre la décision du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier ayant accordé une liberté provisoire à Farba Ngom. Placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie sur des deniers publics, l’élu reste en détention en raison de cet appel, contrairement à son coaccusé Tahirou Sarr, récemment élargi.
Selon les autorités judiciaires, la nouvelle procédure fait suite à une fouille effectuée dans la cellule de Farba Ngom, au cours de laquelle deux téléphones portables auraient été découverts. Lors d’un point de presse, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a indiqué que ces faits pourraient entraîner de nouvelles poursuites, évoquant même l’hypothèse d’agissements susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’État.
L’enquête, enclenchée depuis environ deux semaines, a donné lieu à plusieurs auditions. Farba Ngom a d’abord été entendu à la Section de recherches, avant que les enquêteurs ne se déplacent au Pavillon spécial en raison de son état de santé. Selon ses avocats, ces auditions se sont déroulées sur plusieurs jours. La défense affirme toutefois que lors de la dernière convocation, leur client a refusé de répondre aux questions, invoquant à la fois sa santé fragile et l’absence de ses conseils.
Sur le plan juridique, les avocats de Farba Ngom contestent vigoureusement la régularité de la procédure, notamment l’exploitation des téléphones saisis. Ils dénoncent une perquisition qu’ils jugent contraire aux droits de la défense et annoncent leur intention de porter le débat sur la place publique. Une demande d’autorisation pour tenir une conférence de presse devrait être adressée au bâtonnier, afin de répondre aux accusations et de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation du secret des communications entre l’avocat et son client.
Alors que Farba Ngom demeure incarcéré, cette nouvelle affaire vient alourdir un dossier déjà complexe. La comparution annoncée devant le procureur, en même temps que celle du garde pénitentiaire mis en cause, pourrait marquer une étape déterminante dans une procédure aux implications judiciaires et politiques sensibles.






