La Direction nationale des investigations et des traces (DNIT) a démantelé un vaste réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs sénégalais, à l’issue d’une enquête menée entre les zones frontalières du nord et l’intérieur du pays. Deux suspects clés, Abdoulahi Bah, alias Abdoulaye Ba, et Yancouba Diallo, ont été déférés devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis, selon des informations rapportées par Libération.
Les mis en cause font face à de lourdes charges, notamment association de malfaiteurs, faux et usage de faux, obtention frauduleuse de pièces administratives et faux en écritures publiques. L’enquête a été déclenchée à la suite d’une opération de surveillance du commissariat spécial de Rosso, ciblant les axes de passage clandestins, en particulier dans la zone de Thiambène.
Lors de cette opération, un individu a été interpellé en possession de plusieurs documents jugés suspects, dont une carte nationale d’identité sénégalaise, un permis de conduire, un certificat de nationalité sénégalaise et un passeport guinéen, tous établis sous la même identité. Le mis en cause a tenté de justifier ces pièces en invoquant un lien de filiation avec un maître coranique établi à Thiès.
Les vérifications menées par la DNIT ont cependant mis en lumière de nombreuses incohérences. Les enquêteurs ont notamment découvert que l’épouse du principal suspect, de nationalité guinéenne, avait déjà été impliquée dans une affaire similaire liée à l’obtention frauduleuse de documents administratifs.
Au fil des investigations, les policiers ont mis au jour une importante quantité de documents provenant aussi bien du Sénégal que de la Guinée et de la Mauritanie, couvrant actes de naissance, jugements supplétifs, cartes d’identité, certificats de résidence et passeports. Ces pièces servaient principalement à établir de fausses filiations au profit de ressortissants étrangers.
Confronté aux éléments de l’enquête, Abdoulaye Ba a désigné Yancouba Diallo comme l’un de ses principaux complices. Présenté comme intermédiaire administratif, ce dernier a reconnu avoir facilité l’obtention de jugements et de certificats auprès de certaines administrations locales, tout en niant une partie des faits.
La perquisition effectuée au domicile des suspects a révélé l’ampleur industrielle du trafic. Les enquêteurs ont saisi plusieurs centaines de copies de cartes d’identité sénégalaises, des extraits de naissance, des jugements vierges, ainsi que divers documents judiciaires et administratifs, laissant apparaître l’existence de complicités au sein de certaines structures publiques.
Moussa Noel/senegaldirect






