Un réseau de falsification de documents administratifs a été démantelé par les services spécialisés de la police aux frontières au Sénégal. L’opération, menée par l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), a conduit au déferrement de plusieurs suspects devant le parquet.
L’affaire a été déclenchée à Rosso, après le signalement d’un individu en possession d’une carte nationale d’identité jugée suspecte. L’expertise réalisée par les services spécialisés a confirmé qu’il s’agissait d’un document falsifié. Lors de son audition, la détentrice du document a indiqué avoir eu recours à un intermédiaire, présenté comme un démarcheur, contre la somme de 12 500 FCFA. Ce dernier lui aurait assuré que la pièce provenait des services officiels, notamment de la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF).
Les investigations ont rapidement permis d’identifier cet intermédiaire, un agent municipal en poste à Richard-Toll. Confronté aux faits, il a reconnu son implication tout en tentant de minimiser sa responsabilité, évoquant une origine « officieuse » du document. L’exploitation de son téléphone a toutefois révélé un système bien plus structuré. L’individu proposait, contre rémunération, divers documents administratifs à des ressortissants étrangers, notamment des jugements supplétifs et des certificats de nationalité, à des tarifs variant entre 10 000 et 30 000 FCFA.
Les enquêteurs ont ensuite interpellé un troisième suspect, identifié comme le faussaire chargé de la fabrication des cartes. Une perquisition dans ses locaux a permis la saisie d’un important matériel, dont une imprimante spécialisée, des cartes vierges en PVC et plusieurs documents falsifiés. L’analyse du matériel informatique a mis en évidence l’utilisation de logiciels de retouche pour manipuler les données personnelles avant impression. Le mis en cause a reconnu avoir produit plusieurs cartes frauduleuses. À l’issue de leur garde à vue, les suspects ont été présentés au procureur de la République. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue du réseau et d’identifier d’éventuels complices.




