La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Sénégal et le Maroc, remportée par les Lions de la Teranga (1-0), continue de susciter de vives réactions bien au-delà du continent africain. Alors que la Fédération marocaine multiplie les démarches auprès de la CAF et de la FIFA pour réclamer de lourdes sanctions contre le Sénégal, un soutien inattendu s’est manifesté : celui de la presse et de l’opinion espagnoles.
En Espagne, pays voisin du Maroc et futur co-organisateur de la Coupe du monde 2030, la rencontre a été scrutée avec une attention particulière. Plusieurs médias de référence ont publiquement remis en cause la version défendue par la FIFA et Rabat, pointant ce qu’ils considèrent comme des incohérences majeures dans l’arbitrage de la finale. Pour de nombreux observateurs ibériques, la colère sénégalaise trouve son origine dans des décisions arbitrales controversées, plutôt que dans un supposé comportement antisportif.
Le quotidien El Confidencial a ainsi évoqué un « scandale historique », dénonçant un but sénégalais injustement refusé, suivi d’un penalty jugé très discutable en faveur du Maroc. Le journal souligne que ces deux décisions clés ont clairement pesé sur le déroulement du match, malgré la résistance mentale et tactique du Sénégal, finalement sacré champion d’Afrique.
Même tonalité du côté d’El Español, qui décrit une finale ayant fait basculer l’image du Maroc en quelques minutes. Le média évoque une accumulation d’images embarrassantes et d’accusations de favoritisme arbitral qui pourraient durablement affecter la crédibilité du pays en tant qu’organisateur de grandes compétitions internationales.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs journalistes et influenceurs espagnols ont également dénoncé des scènes jugées indignes, allant des incidents liés aux ramasseurs de balles aux tensions en conférence de presse, en passant par le protocole de remise du trophée. Certains estiment qu’une sanction ciblant uniquement le Sénégal serait non seulement injuste, mais préjudiciable à l’image de la FIFA elle-même.
Si cette mobilisation médiatique espagnole est aussi marquée, c’est qu’elle s’inscrit dans un contexte plus large. Le Maroc et l’Espagne sont en concurrence indirecte autour de l’organisation de la finale du Mondial 2030. La CAN 2025 devait servir de vitrine pour le Royaume chérifien. Or, la finale face au Sénégal s’est transformée en revers symbolique sur le plan de l’image, un terrain sur lequel l’Espagne a choisi de peser lourdement.






