Le feuilleton judiciaire lié à la gestion des fonds Force Covid-19 vient de franchir une étape décisive. Ce 5 mars 2026, la Chambre de discipline financière de la Cour des comptes, sous la présidence du magistrat Alioune Niane, a rendu ses premiers arbitrages concernant plusieurs hauts responsables administratifs.
Au cœur des débats : des entorses graves aux règles d’exécution budgétaire. À l’issue de l’audience, le verdict a été sans appel pour trois des prévenus. Djiby Diakhaté (ex-DAGE de la Famille), Ousseynou Niang (ex-DAGE de la Santé) et le gestionnaire Moustapha Diop ont été reconnus coupables. Si les peines peuvent paraître disparates, elles n’en sont pas moins significatives : Ousseynou Niang écope de la plus lourde amende, soit 3 millions de F CFA, tandis que ses deux co-prévenus s’en tirent avec des sanctions de 500 000 et 600 000 F CFA.
Un dénouement en demi-teinte pour Ndèye Aminata Loum Ndiaye
Pour l’ancienne DAGE du ministère du Développement industriel, l’issue est plus complexe. Si la Cour a prononcé sa relaxe — suivant ainsi les réquisitions du ministère public qui estimait qu’elle n’était pas la gestionnaire directe du compte spécial — sa situation personnelle reste précaire. Ses avocats, Mes Yade, Ndione et Diallo, ont beau avoir clamé son innocence en soulignant que le gestionnaire agissait sous les ordres directs du ministre, leur cliente demeure en détention.
Ironie du sort ou rigueur de la procédure : alors que ses collègues condamnés par la Cour des comptes bénéficient déjà d’une liberté provisoire, Mme Ndiaye reste, elle, sous mandat de dépôt dans le cadre d’une procédure parallèle menée par le 2e cabinet du tribunal de Dakar. Un paradoxe judiciaire que sa défense ne cesse de contester, dénonçant une situation qu’elle juge profondément inégale.






