France – Élisabeth Borne : « Il n’y aura pas de coupure de gaz pour les ménages »

Élisabeth Borne, Première ministre, est l’invitée du Grand entretien de France Inter, pour évoquer la rentrée gouvernementale et parlementaire sur fond de majorité relative pour son camp, la crise de l’énergie, les futures réformes…

La Première ministre évoque une situation compliquée en cette rentrée, avec « une guerre aux portes de l’Europe, qui détruit des villes, qui fait des victimes, et qui a des conséquences concrètes sur notre vie ». « Les Français ont aussi vu que le réchauffement climatique était une réalité. »
« Ça fait des mois qu’on se prépare pour éviter de devoir faire des coupures », assure toutefois Élisabeth Borne lorsqu’on évoque les pénuries d’énergie. « Si on baisse notre consommation de gaz de 10 %, il n’y aura pas de restrictions. C’est quelque chose qui est à notre portée. Mais si on ne fait pas ces économies, si on ne se mobilise pas suffisamment, si l’hiver est froid, il pourra y avoir des restrictions, mais elles ne concerneront pas les ménages, pour qui il n’y aura pas de coupures. »
« Sur l’électricité, chaque année on se prépare à devoir faire face à des pics de consommation qui peuvent conduire à du délestage tournant, c’est-à-dire qu’on coupe, sur une courte période de moins de deux heures, par quartier », explique la Première ministre. « Auparavant on identifie les utilisateurs sensibles, pour s’assurer qu’on ne coupe pas l’électricité chez quelqu’un qui a un dispositif médical. »
Autre question qui inquiète les Français en cette rentrée : la facture d’électricité en période de pénurie. Y aura-t-il une augmentation ? « Je ne vais pas vous répondre ce matin car on est en train d’y travailler », explique Élisabeth Borne. « S’il n’y avait pas de dispositif mis en place par l’État, la facture augmenterait de 100 % : c’est inenvisageable. Donc on va continuer à amortir la hausse du prix du gaz et de l’électricité pour les ménages, et il y aura des dispositions pour protéger les plus fragiles. Il y aura une augmentation, elle sera contenue. »
« C’est compliqué de savoir qui fait des super-profits »
« Par principe on est sur la même ligne au sein du gouvernement : on dit la même chose », assure-t-elle quand on évoque la dissonance entre elle et Bruno Le Maire sur la question. « C’est compliqué de savoir qui fait des super-profits. Une entreprise peut augmenter de 30 % ses bénéfices parce qu’elle a fait deux mauvaises années avant ! Ce qu’on dit, c’est que nous souhaitons prioritairement que les entreprises qui n’ont pas de raison d’augmenter leurs prix ne les augmentent pas, rendent du pouvoir d’achat aux Français. » Elle cite par exemple « la remise de 20 centimes de Total Énergies ». Et ajoute, toujours pour augmenter le pouvoir d’achat : « Si les entreprises ont des marges financières, qu’elles augmentent leurs salariés. »
« Je pense que les entreprises vont faire preuve de responsabilité : mais si certaines ne le font pas, nous ne fermons pas la porte » à une éventuelle taxe sur les super-profits.
Réforme des retraites : « Si on veut un modèle social généreux, il faut des ressources »
Pour elle, la réforme des retraites « reste un enjeu très important ». « Dans notre pays, on se singularise par rapport aux autres pays européens par le fait que la part des jeunes qui travaillent et des seniors qui travaillent est moins importante. On souhaite engager des discussions avec les organisations patronales et syndicales, avec les parlementaires. Elles s’engageront après le Conseil national de la refondation. C’est important que chacun mesure que si on veut avoir un modèle social généreux, protecteur, il faut avoir des ressources, et on ne peut pas se priver d’une partie de notre capacité de travail pour créer des richesses. »
À une auditrice qui lui demande s’il y aura bien une revalorisation des retraites, Élisabeth Borne rassure cette part importante de l’électorat d’Emmanuel Macron : « Je vous confirme qu’il y a bien une revalorisation de 4 % qui interviendra pour tous les retraités dans le courant du mois de septembre, avec une rétroactivité sur le mois de juillet. »
« Les Insoumis veulent le désordre »
« Mon gouvernement et moi-même, nous sommes très mobilisés pour trouver des compromis », jure Élisabeth Borne. « Il y a des partis avec lesquels on ne cherche pas ces compromis : le Rassemblement national, parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, et la France Insoumise parce qu’on a des désaccords profonds. »
Elle cite Mathilde Panot, qui explique selon elle « que son objectif, c’est le désordre à l’Assemblée nationale et dans la rue. Pour moi, les Insoumis ne font donc pas partie des forces politiques avec qui l’on peut travailler à l’Assemblée nationale : ils ne le veulent pas, ils veulent le désordre. Pour mon pays, ce n’est pas la bonne réponse. » »
« Il y a des gens qui veulent apporter le chaos, le désordre, moi je suis là pour apporter des réponses aux Français pour être utile », tranche la Première ministre.
radiofrance

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