Le décès tragique de Mamadou Garanké Diallo, un jeune Guinéen de 21 ans menacé d’expulsion, continue de susciter une vive émotion en France, notamment en Normandie, où il s’était pleinement intégré. Son corps a été retrouvé le 17 septembre, près d’une sortie d’autoroute à Loon-Plage (Nord), non loin d’un camp de migrants à Dunkerque. L’identification du jeune homme, révélée début octobre, a confirmé qu’il tentait de rejoindre l’Angleterre pour échapper à une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Arrivé en France en 2019, Mamadou était apprenti boucher à Darnétal, près de Rouen. Selon ses proches, tout a basculé lorsqu’il a perdu son emploi en raison de sa situation administrative. « Il ne voyait plus d’avenir ici », a déploré Dominique Pierre, membre du Réseau éducation sans frontières (RESF), dénonçant « l’arbitraire préfectoral » appliqué aux jeunes déjà intégrés.
L’association Pour un avenir meilleur a décrit la mort du jeune homme, percuté par un camion, comme celle d’un « document qui tue », en référence à l’OQTF. Malgré le soutien de son employeur, d’élus locaux et d’une pétition qui lui avait valu un titre de séjour temporaire en 2023, Mamadou avait de nouveau reçu une deuxième OQTF en mai 2025.
Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a dénoncé un « drame horrible » et « un gâchis absolu ». De son côté, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a fustigé sur X les politiques « absurdes » qui fabriquent, selon lui, des « travailleurs sans papiers condamnés au désespoir ».






