En France, un tournant inédit s’annonce dans le débat démocratique. Le groupe parlementaire La France Insoumise (LFI) a annoncé mercredi que la pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb sera officiellement examinée à l’Assemblée nationale. Publiée sur X (ex-Twitter), cette annonce souligne l’ampleur d’une mobilisation citoyenne sans précédent : plus de 2,13 millions de signatures ont été recueillies, un record dans l’histoire récente.
Pour LFI, il s’agit d’« une première historique » : « Une pétition citoyenne entre à l’Assemblée ! La pétition contre la loi Duplomb sera débattue en commission. On ne lâche rien jusqu’à son abrogation », a précisé le groupe parlementaire.
Le texte de la pétition demande non seulement « l’abrogation immédiate » de la loi Duplomb, mais également « la révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée » et « une consultation citoyenne impliquant les acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit ».
Adoptée à l’initiative du sénateur Laurent Duplomb, cette loi reprend les revendications de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Ses opposants y voient une régression environnementale majeure.
Parmi les dispositions les plus contestées figurent la réautorisation de pesticides interdits, dont certains néonicotinoïdes connus pour leur impact dévastateur sur les abeilles et la biodiversité. La loi facilite également l’agrandissement des élevages industriels et soutient la construction de mégabassines, tout en limitant les recours juridiques des riverains et associations.
De nombreux collectifs écologistes, syndicats agricoles alternatifs et ONG dénoncent un texte taillé pour l’agro-industrie au détriment de la santé publique, de l’environnement et des petits exploitants. Avec l’entrée de cette pétition à l’Assemblée, le rapport de force politique et citoyen autour de la loi Duplomb prend une dimension inédite.