Un tournant inattendu vient de survenir dans l’affaire du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Alors que le parquet financier s’apprêtait à rendre son réquisitoire définitif, signe de la clôture de l’instruction, un supplétif — acte de poursuite complémentaire — a finalement été adressé au président du Collège des juges d’instruction. Cette décision rare, révélée par L’Observateur et confirmée par Libération, relance une affaire déjà jugée explosive.
Au cœur de ce nouveau développement, l’interpellation de Pape Malick Ndour, ancien coordonnateur du Prodac. Selon les mêmes sources, il a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) sur ordre du juge d’instruction, puis placé en garde à vue. Il est visé pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics et blanchiment de capitaux.
L’enquête s’intéresse notamment à un virement de 2,7 milliards de francs CFA effectué à la société Green 2000, partenaire du programme agricole. Ce transfert aurait été ordonné sur la base de factures pro forma, sans preuve tangible de la livraison du matériel prévu pour plusieurs fermes communautaires. Les enquêteurs soupçonnent une vaste chaîne de transactions irrégulières à l’origine d’un détournement massif de fonds publics.
Mais le dossier ne s’arrête pas là. Le parquet financier demande désormais d’élargir les investigations à d’éventuelles rétrocommissions impliquant plusieurs personnalités, dont Mame Mbaye Niang, Khadim Ba, Mamina Daffé et Ibrahima Cissé. Ces croisements financiers pourraient révéler des liens suspects entre le ministère de la Jeunesse de l’époque, certains prestataires et des structures financées sans justificatifs comptables solides.
L’affaire Prodac, déjà symbole des dérives dans la gestion publique, s’enlise donc dans un nouvel épisode judiciaire aux ramifications politiques sensibles.