Le Forum économique mondial de Davos s’ouvre cette année sous un climat diplomatique particulièrement tendu. En route vers la station suisse, le président américain Donald Trump a réactivé un dossier géopolitique sensible, liant la sécurité nationale des États-Unis à une transaction territoriale majeure impliquant ses alliés de l’OTAN.
Washington a conditionné la poursuite de relations commerciales apaisées à un soutien européen concernant le Groenland, territoire autonome danois stratégique. Dans un point presse à la Maison Blanche, Trump a averti plusieurs pays — dont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Danemark — que le refus de coopérer pourrait entraîner des sanctions économiques immédiates, avec des droits de douane de 10 % dès le 1er février, pouvant atteindre 25 % d’ici juin. Selon les analystes présents à Davos, cette menace pourrait déclencher une guerre commerciale et mettre en péril l’unité de l’Alliance atlantique.
L’enjeu dépasse la simple souveraineté territoriale. Le Groenland, avec ses plus de 2 millions de km², possède d’importantes ressources naturelles — terres rares, or, zinc, plomb, et potentiellement du pétrole — essentielles pour l’industrie de haute technologie et la défense. La fonte des glaces ouvre par ailleurs de nouvelles routes maritimes, accentuant l’intérêt stratégique de l’île.
Sur le plan militaire, le Groenland abrite la base de Pituffik (anciennement Thule), un site clé pour la surveillance spatiale et la détection de missiles via le NORAD. Une acquisition américaine offrirait un contrôle souverain total sur cette zone, face aux ambitions militaires croissantes de la Russie et aux projets chinois de « Route de la soie polaire ».
OUSMANE DIOP/SENEGALDIRECT






