En Guinée-Bissau, la transition militaire conduite par le général-président Horta Inta-a poursuit à grande vitesse la restructuration des institutions. Moins de 24 heures après la nomination du nouveau chef d’État-major de l’armée, le général Tomas Djassi, désigné pour remplacer le général Biagué Nan Tam, le chef de la junte a procédé ce vendredi à la nomination de son Premier ministre. Une rapidité qui traduit la volonté manifeste du pouvoir militaire de consolider sans délai son contrôle sur l’appareil d’État.
Le choix du général-président s’est porté sur une figure bien connue de l’ancien régime : Ilídio Vieira Té. Dans un décret publié dans la journée, cet ancien ministre des Finances de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló a été officiellement nommé Premier ministre. Âgé de 42 ans, universitaire de formation, Ilídio Vieira Té demeure également titulaire du portefeuille des Finances, un poste stratégique qu’il occupait déjà sous le précédent magistère.
Cette double nomination laisse penser que la junte entend s’appuyer sur des profils déjà aguerris aux rouages de l’administration, malgré la volonté affichée de « restaurer la crédibilité » du pays après ce que les nouvelles autorités qualifient de « conspiration » et de tentative de déstabilisation orchestrée par les proches de l’ancien président. Le discours officiel continue ainsi de justifier le putsch par la nécessité de « protéger la nation » contre de graves menaces internes et des « forces occultes » liées au narcotrafic.
Cependant, pour plusieurs observateurs, le recours à des figures ayant servi sous Embaló interroge sur la cohérence politique de la junte, qui accuse l’ancien régime tout en en réutilisant certains piliers. La nomination d’Ilídio Vieira Té semble néanmoins répondre au besoin immédiat de stabilité financière, dans un contexte où la Guinée-Bissau demeure fragilisée par les tensions internes et les enjeux de gouvernance.






