La Guinée-Bissau traverse un tournant majeur de son histoire politique. Ce mercredi 26 novembre, l’état-major général des forces armées a annoncé la mise en place d’un commandement militaire chargé de prendre le contrôle de l’ensemble des institutions du pays. Cette décision marque une rupture brutale dans un contexte déjà marqué par des tensions croissantes, après des tirs entendus près du siège de la Commission nationale des élections et une série de mouvements inhabituels des forces armées dans la capitale.
Dans son communiqué officiel, l’armée indique que la Constitution de la République ainsi que le processus électoral en cours sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Les militaires justifient cette mesure exceptionnelle par la nécessité de « rétablir les conditions de retour à la normalité », évoquant des menaces pesant sur la stabilité de l’État et l’intégrité du processus démocratique. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur les motivations réelles du coup de force, ni sur la durée prévue de cette transition militaire.
La suspension du processus électoral intervient alors que le pays attendait la proclamation des résultats définitifs du double scrutin présidentiel et législatif organisé le 23 novembre. Le vote, salué pour son calme et sa forte participation, semblait ouvrir une nouvelle phase politique. L’annonce de l’armée bouleverse entièrement ce calendrier et replonge le pays dans l’incertitude.
Depuis l’aube, plusieurs positions stratégiques de Bissau seraient sous contrôle militaire, tandis que certaines stations de radio ont été fermées. Aucun affrontement majeur n’a été rapporté, mais la population reste dans l’expectative, cherchant des informations fiables au milieu d’un silence officiel pesant.






