Nouveau tournant dans l’affaire de détournement présumé de fonds publics à l’Hôpital Roi Baudouin. Les deux principales mises en cause, la caissière principale et une prestataire de service, ont été inculpées par le juge d’instruction du tribunal de Pikine-Guédiawaye pour association de malfaiteurs et détournement de deniers publics.
Alors que le parquet avait requis leur placement sous mandat de dépôt, le magistrat instructeur a finalement opté pour un placement sous contrôle judiciaire. Une décision motivée, selon des sources proches du dossier, par des considérations médicales et humanitaires. L’une des inculpées souffrirait de problèmes de santé, tandis que l’autre, récemment mère, présenterait une situation de fragilité particulière. Ce choix judiciaire n’éteint pas pour autant les soupçons qui pèsent sur la gestion des finances de l’établissement. L’enquête a été déclenchée après la découverte d’irrégularités par une nouvelle responsable de caisse, ayant conduit à un audit conjoint des services compétents de l’État. Celui-ci a mis en évidence un déficit estimé à 35 millions de francs CFA.
Au cœur du dossier, un procédé présumé baptisé « saut de jour ». Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un système consistant à ne pas reverser certaines recettes journalières issues des prestations médicales, créant ainsi un manque à gagner progressif. L’instruction, confiée à la Brigade de recherches de Keur Massar, se poursuit pour établir l’étendue exacte des responsabilités. Les enquêteurs s’intéressent notamment à d’éventuelles complicités, alors que le départ à l’étranger de l’ancien responsable de la caisse suscite des interrogations.
BIRAMA GAYE/SENEGALDIRECT






