En visite officielle aux États-Unis pour la première fois depuis sept ans, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman est attendu ce 18 novembre 2025 à la Maison-Blanche pour une rencontre stratégique avec Donald Trump. Cette visite, la première depuis l’affaire Khashoggi en 2018, symbolise le retour au premier plan international d’un leader longtemps critiqué mais aujourd’hui redevenu incontournable pour les puissances occidentales.
Mohammed ben Salman, qui dirige de facto le royaume, souhaite obtenir deux concessions majeures : un pacte de défense avec Washington et l’appui américain à un programme nucléaire civil. Mais derrière les protocoles diplomatiques, les discussions pourraient révéler des divergences profondes sur l’avenir du Moyen-Orient.
Pour Riyad, la normalisation avec Israël reste conditionnée à un règlement clair de la question palestinienne. Longtemps ouvert à une évolution progressive, le royaume exclut désormais tout rapprochement si Israël continue de bloquer la création d’un État palestinien viable. « L’Arabie saoudite voit aujourd’hui dans la politique israélienne un facteur majeur d’instabilité régionale », analyse le chercheur Xavier Guignard, invité à l’Académie diplomatique saoudienne.
Selon lui, Trump aura beaucoup de mal à convaincre MBS de changer de position : le prince ne souhaite pas offrir une victoire politique à Benyamin Netanyahu et préfère attendre les élections israéliennes de 2026.
Autre point de discorde : l’Iran. Alors que Washington et Israël voient affaiblir la République islamique comme une opportunité stratégique, Riyad cherche désormais à éviter toute déstabilisation du pays, après avoir renoué avec Téhéran ces dernières années. MBS arriverait même à Washington porteur d’une proposition de médiation indirecte.
Enfin, la situation syrienne complique davantage l’équation, les ambitions saoudiennes de reconstruction heurtant les multiples raids israéliens.
Malgré ces tensions, la rencontre devrait réaffirmer une relation stratégique qui s’est récemment consolidée, notamment après l’accueil fastueux réservé à Donald Trump à Riyad plus tôt cette année.






