Le Tribunal de grande instance de Kédougou a rendu, jeudi dernier, son verdict dans une affaire de proxénétisme impliquant deux ressortissants nigérians, D. Egiké Echéou et B. Mariayna, établis à Kharakhéna, localité de la commune de Bambou, dans le département de Saraya.
Les deux prévenus ont été reconnus coupables : Egiké Echéou a écopé de six mois de prison ferme, tandis que sa complice a été condamnée à trois mois ferme. Cette décision reflète la fermeté des autorités judiciaires dans la lutte contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle, particulièrement dans les zones minières du sud-est du pays.
Les faits remontent à la nuit du 13 octobre 2025, lorsqu’une opération des forces de défense et de sécurité (FDS) à Kharakhéna a permis de découvrir plusieurs jeunes femmes suspectées de se livrer à la prostitution au domicile d’Echéou. Lors de la perquisition, les enquêteurs ont saisi un cahier appartenant à B. Mariayna, consignant les versements quotidiens de 2 000 F CFA effectués par ces femmes. Ce document a constitué une preuve clé démontrant l’existence d’une organisation structurée de proxénétisme.
Face aux accusations, D. Egiké a tenté de se défendre en affirmant que les versements correspondaient uniquement à une participation au loyer et non à une activité de prostitution. L’avocat de la défense, Me Ndiaye, a soulevé une exception de nullité, estimant que la perquisition n’avait pas respecté l’article 101 du Code de procédure pénale (CPP). Le procureur a contesté cette thèse, rappelant que l’intervention s’inscrivait dans le cadre d’un flagrant délit et que l’article 68 du CPP invoqué par la défense ne s’appliquait pas.
Après délibération, le tribunal a rejeté l’exception de nullité et confirmé les peines prononcées.






