Dans un contexte international en pleine recomposition, le Premier ministre Ousmane Sonko a plaidé pour une redéfinition en profondeur des politiques de souveraineté en Afrique, lors d’une conférence tenue à Dakar.
Face au géopolitologue Pascal Boniface, le chef du gouvernement sénégalais a insisté sur la nécessité de dépasser les discours symboliques pour inscrire le patriotisme dans des actions concrètes, fondées sur la transparence, la responsabilité et l’exemplarité des élites. Pour lui, la souveraineté ne peut être effective sans une transformation structurelle des économies africaines. Il a ainsi mis en avant des priorités telles que la valorisation de la production locale, la transformation des ressources naturelles et le contrôle des chaînes de valeur, considérées comme essentielles pour réduire la dépendance extérieure.
Dans cette logique, Ousmane Sonko a également alerté sur les risques d’une « dépendance intellectuelle », appelant à une capacité accrue des États africains à concevoir leurs propres modèles de développement. Il a par ailleurs plaidé pour un moratoire sur la dette, afin de permettre des investissements structurants sur le continent. Évoquant le nouvel équilibre mondial marqué par la montée du « Sud global », le Premier ministre a défendu un positionnement pragmatique de l’Afrique, basé sur la diversification des partenariats. « Changer d’alliés ne suffit pas si les logiques de dépendance persistent », a-t-il averti.
Sur le plan régional, il a souligné l’importance de renforcer l’intégration africaine à travers des instruments comme la Zone de libre-échange continentale africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, tout en insistant sur le rôle central de la jeunesse, appelée à devenir un moteur de transformation. De son côté, Pascal Boniface a mis en lumière l’émergence d’un nouvel ordre international, porté par des pays du Sud en quête d’équilibre et d’autonomie stratégique.
MOUSSA NOEL/SENEGALDIRECT




