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L’affaire Bougar Diouf ou l’art du buzz politique : Pourquoi s’attaquer au Premier ministre Ousmane Sonko ?

Depuis l’installation du nouveau régime au Sénégal, un curieux manège s’est emparé de l’espace médiatique. Des acteurs politiques, souvent issus des périphéries de la coalition victorieuse, multiplient les sorties acerbes contre le Premier ministre Ousmane Sonko. Le cas de Bougar Diouf, membre de la « Coalition Diomaye Président », est devenu le symbole de cette stratégie de la nuisance qui vise un double objectif : se faire un nom pour obtenir un décret, et tenter de fissurer l’unité au sommet de l’État.

Le dernier épisode en date a de quoi laisser les constitutionnalistes pantois. Porter plainte contre un Premier ministre parce qu’il n’aurait pas accompagné le Chef de l’État lors de ses déplacements dans le sud du pays ? Si la démarche peut prêter à sourire par son caractère insolite, elle révèle une réalité plus sombre de la politique sénégalaise : la « judiciarisation du buzz ».

Sur le plan institutionnel, l’argument ne tient pas la route. Le Premier ministre est le chef de l’administration ; sa place est à la Primature pour coordonner l’action gouvernementale, tandis que le Président de la République incarne la nation sur le terrain. Vouloir transformer un choix d’agenda en faute pénale ou administrative est une aberration. Mais pour Bougar Diouf, l’essentiel n’est pas le droit, c’est le bruit.

Pourquoi un tel acharnement ? Pour de nombreux analystes, nous sommes face à une tentative de « marketing politique agressif ». Dans un contexte où les postes de direction et les nominations en Conseil des ministres se font attendre pour beaucoup d’alliés de la première heure, certains choisissent la méthode forte.

La logique est simple, quoique cynique : attaquer la figure la plus centrale et la plus clivante du régime — Ousmane Sonko — pour forcer le Palais à réagir. En se posant en « critique interne », ces acteurs espèrent être convoqués, écoutés, et finalement « gérés » par une nomination qui achèterait leur silence ou leur loyauté. C’est le chantage au strapontin : faire assez de dégâts médiatiques pour devenir une variable d’ajustement que le pouvoir préférerait avoir à l’intérieur du système plutôt qu’à l’extérieur.

Au-delà de l’ambition personnelle, ces attaques cachent un dessein plus politique et beaucoup plus dangereux pour la stabilité du pays : la volonté de séparer Bassirou Diomaye Faye d’Ousmane Sonko.

Le duo exécutif sénégalais est une exception mondiale : un Président et son mentor travaillant main dans la main. Pour les adversaires du « Projet » et les opportunistes de tous bords, cette unité est le principal verrou à faire sauter. En reprochant à Sonko de « faire de l’ombre » au Président ou, à l’inverse, de « ne pas l’épauler » (comme dans l’argument de Bougar Diouf), on tente d’instiller le venin de la suspicion.

L’idée est d’isoler le Président Faye en lui suggérant que son Premier ministre est soit un poids, soit un rival. Diviser pour régner, ou plutôt diviser pour exister : tel est le crédo de ces politiciens qui n’ont ni base électorale solide, ni offre programmatique sérieuse.

Ces agissements, que l’on pourrait qualifier de « tapage improductif », constituent un véritable test de sérénité pour le pouvoir en place. Si le régime cède à ces pressions en offrant des postes à ceux qui crient le plus fort, il ouvrira la boîte de Pandore du chantage permanent.

Le peuple sénégalais, qui a voté massivement pour une rupture avec les pratiques de l’ancien système, observe avec une certaine lassitude ces jeux d’ego. Pour Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, la meilleure réponse reste la solidité de leur binôme et l’accélération des réformes. Car au final, l’histoire politique retient rarement les noms de ceux qui ont porté des plaintes fantaisistes, mais plutôt ceux de ceux qui ont transformé le pays.

Par la rédaction de senegaldirect

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