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L’arène dans l’impasse

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Samedi dernier, le monde de la lutte s’est retrouvé dans l’enceinte de la nouvelle arène nationale pour arrondir les angles – Malheureusement, cette concertation a abouti à un dialogue de sourds avec deux camps plus que déterminés à régler leurs comptes
Le monde de la lutte sénégalaise s’effondre ainsi, à quelques semaines de l’ouverture de la nouvelle saison 2018-2019.

De 1997 à 2018, ça fait 21 ans que le président Alioune Sarr préside aux destinées du Comité national de gestion (CNG) de lutte. Depuis lors, cette discipline dite de sport de chez nous, a connu des avancées, voire des merveilles. D’un point zéro, en termes de finances, elle est passée à des coûts de millions, voire de milliards. Oui, nombre de promoteurs et de lutteurs sont devenus aujourd’hui des millionnaires à cause justement de la politique d’orientation du président du CNG, Dr Alioune Sarr et ses collaborateurs. Pour organiser de grandes affiches, les promoteurs doivent assurer des montages à coût de centaines de millions. Des montages au profit de Mohamed Ndao «Tyson», Yakhya Diop «Yékini», Baboye, Balla Gaye 2, Modou Lô…, qui sont tous devenus des millionnaires. A cause, justement, de cette vision prospective du Cng qui a beaucoup œuvré pour le développement et le rayonnement de la lutte sénégalaise, qui possède maintenant sa propre arène nationale ; une infrastructure sportive construite, à Pikine et à coût de milliards. C’est un mérite, beaucoup de mérite même.

Mais, à force de s’éterniser dans la durée, ça devient marrant, voire lançant. L’œuvre réalisée se dégrade dans la durée, à cause de l’usure. Et c’est ce qui arrive de nos jours au président du CNG, Alioune Sarr et ses collaborateurs. En effet, à force de s’éterniser au «pouvoir», les membres du CNG sont devenus très contestés par certains acteurs de l’arène, surtout par les lutteurs en activité. Regroupés en association, ces derniers n’exigent rien d’autre que leur départ de la gestion de la lutte. Pire, ils exigent même le passage de ce comité de gestion en une Fédération. «Un comité de gestion qui fait 21 ans d’existence, ça n’existe qu’au Sénégal. Toutes les autres disciplines sont passées à une fédération ou à un comité de normalisation», fait constater, amer, le président de l’Association des lutteurs en activité, Khadim Gadiaga.

Mais ce constat n’ébranle guère le Dr Alioune Sarr. Comme si la chaise de la présidence était taillée sur mesure pour lui, il continue à régner en maître dans l’arène sénégalaise. Comme s’il bénéficiait de la protection de l’Etat, délégataire du pouvoir, il s’en fout des muscles que bandent ses détracteurs. «Les chiens aboient, la caravane passe», dirait l’autre. Mais jusqu’à quand ? En tout cas, leur bras de fer semble avoir atteint un point de non-retour. «Cette concertation est une avancée. C’est ce que refusait Alioune Sarr. S’il l’avait acceptée au départ, peut-être qu’on n’en serait pas là. Aujourd’hui, il l’a fait par la force. Et si on regarde du point de vue juridique, le Cng est illégal. (…). Ce que nous voulons actuellement, c’est un comité de normalisation, parce que tôt ou tard, on aura une fédération», exige Khadim Gadiaga.

Mais de marbre, Dr Alioune Sarr a juste salué la réalisation de cette journée de concertation qui a permis de réunir les acteurs autour de l’essentiel : «faire avancer l’arène sénégalaise». Au fait, à quand le démarrage effectif de la nouvelle saison de lutte 2018-2019 ?

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