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Le paradoxe Talla Sylla : Entre mutisme sous Macky Sall et virulence contre le nouveau régime( Par Serigne Ngounda)

C’est une voix que l’on n’entendait plus, ou presque. Talla Sylla, l’homme qui, en 2003, avait failli perdre la vie sous les coups de marteau de nervis politiques, est de retour dans l’arène médiatique. Sa cible ? Ousmane Sonko et le nouveau régime du PASTEF. À travers des sorties au vitriol, il dénonce ce qu’il appelle des dérives et une menace pour la République. Mais au Sénégal, une question brûle toutes les lèvres : de quelle légitimité parle-t-il encore ?

Le paradoxe du silence : l’ombre de Macky Sall

Le premier obstacle à la crédibilité actuelle de Talla Sylla réside dans son passé récent. Comment expliquer qu’un homme, dont la carrière a été bâtie sur la dénonciation de l’injustice, soit resté si aphone durant les douze années du magistère de Macky Sall ?

Pendant que le pays traversait des crises majeures — de la gestion des ressources naturelles aux épisodes sanglants de 2021 et 2023, en passant par l’emprisonnement d’opposants — Talla Sylla occupait le poste de Conseiller spécial à la Présidence. Pour l’opinion publique, ce compagnonnage avec l’ancien régime a agi comme une « muselière dorée ». En sortant de sa réserve seulement après la chute de son ancien protecteur, Talla Sylla donne l’impression d’une opposition sélective, voire opportuniste. Critiquer Sonko aujourd’hui sans avoir jamais levé le petit doigt contre les dérives d’hier affaiblit considérablement la portée de son message.

Thiès : L’héritage d’une légitimité d’emprunt

L’analyse de son poids politique passe inévitablement par Thiès, son fief. Il est crucial de rappeler que Talla Sylla n’a jamais conquis la cité du rail par ses propres forces. Sa montée à la mairie en 2014 n’a été possible que grâce à l’onction d’Idrissa Seck.

C’était l’époque de l’alliance de circonstance. Mais sitôt installé, Talla Sylla a rompu les amarres avec son mentor pour rejoindre la galaxie « marron-beige » de Macky Sall. Ce « nomadisme politique » a laissé un goût amer aux Thiessois. Aux yeux des électeurs, il est passé du statut de leader de convictions à celui de politicien en quête de survie administrative. Sa défaite lors des dernières joutes locales a scellé ce constat : sans appareil fort et sans base réelle, Talla Sylla ne pèse plus l’ombre d’un député sur l’échiquier national.

Pourquoi attaquer Sonko maintenant ?

Si Talla Sylla s’acharne sur Ousmane Sonko, c’est sans doute parce qu’il incarne l’antithèse de ce que le leader du Jëf-Jël est devenu. Sonko représente la rupture, la jeunesse et une base populaire massive — tout ce que Talla Sylla a perdu au fil des décennies.

S’attaquer à la figure centrale du nouveau régime est aussi un moyen de rester « pertinent » médiatiquement. Dans un paysage politique dominé par le duel entre les tenants du système et les partisans de la rupture, Talla Sylla tente d’exister en se posant comme une « conscience républicaine ». Mais le décalage est flagrant : il parle à une époque qui n’existe plus. Pour la génération « Gatsa Gatsa », il appartient à ce « vieux monde » politique qui a échoué à transformer le Sénégal malgré des décennies de présence.

Un général sans armée

En définitive, Talla Sylla semble être un « général sans troupes ». Son talent d’orateur et ses formules chocs ne suffisent plus à masquer un vide électoral abyssal. Le Sénégal de 2024 a soif de résultats et de cohérence.

En politique, le temps est un juge impartial. Celui de Talla Sylla semble être révolu. Son acharnement contre Ousmane Sonko apparaît moins comme une alerte démocratique que comme le cri d’amertume d’un homme politique qui réalise, un peu tard, que le train de l’histoire est parti sans lui. Pour redevenir crédible, il lui faudrait d’abord expliquer son silence d’hier. Sans cet examen de conscience, ses attaques actuelles resteront perçues comme de simples bruits de fond dans un Sénégal qui a déjà tourné la page.

Serigne Ngouda citoyen du monde libre

2 Commentaires

  1. J’ai lu avec dépit votre texte superficiel et décousu dans lequel tu t’attaque de manière honteuse au Président de notre parti, TALLA SYLLA.
    D’abord tu poses la question d’un mutisme qu’il aurait entretenu pendant le magistère du Président Macky SALL.
    Pour rappel, quand Talla SYLLA dénonçait le régime de Macky SALL de 2012 à 2014, ton mentor Ousmane Sonko était dans les lambris dorés de ce même régime a la quête de pitance foncière ou d’avantages.
    En 2014, Talla SYLLA est devenu maire de la ville d Thiès non pas par l’onction de qui que ce soit mais par la volonté de DIEU et d’une alliance composée de 18 partis et mouvements politiques et sociaux.
    De 2014 à 2017, il s’est opposé à l’ancien régime, ce que tu sembles ignorer dans ta plate analyse de son parcours.
    Le maire étant responsable de la mise en œuvre de la politique économique et sociale définie par le gouvernement, il a, par un courage inégalable travaillé avec lancien régime pour l’intérêt exclusif des thiessois.
    Je ne m’attarderai pas sur tes fanfaronnades et tes vociférations inouïes, mensongères et sans impact sur les convictions profondes d’un homme qui s’est sacrifié pour son pays et son peuple.
    Pour terminer, sachez que c’est parce que Talla SYLLA est le seul homme politique qui dérange réellement l’actuel régime que des énergumènes comme toi et tes semblables avez la peur au ventre.
    Talla n’en a cure et reste à l’avant garde du combat démocratique contre un régime est ses thuriféraires qui veulent instaurer la dictature.
    Youssou Diop
    Porte parole du JËF JËL

  2. L’Écume du moment et le Roc de l’Histoire : Réponse à la dictature de la pensée unique

    Face à l’indigence de l’argumentaire, l’invective tient souvent lieu de refuge. En parcourant la prose de Monsieur Serigne Ngouda, thuriféraire zélé du nouveau régime, je n’ai trouvé ni réponse aux questions de fond soulevées, ni démenti factuel sur les dérives que je dénonce. Je n’y ai lu que la tentation facile de l’attaque ad hominem, arme favorite de ceux qui, incapables de soutenir le débat d’idées, préfèrent s’en prendre aux personnes.
    À ces censeurs de la dernière heure qui croient que l’histoire politique du Sénégal commence avec leur avènement, il convient de rappeler quelques vérités immuables.
    Assumer l’État, c’est servir la République
    On me reproche mon silence hier et ma parole aujourd’hui ? C’est méconnaître profondément le sens de l’État. En 2019, j’ai soutenu le Président Macky Sall. J’assume. J’ai été son Conseiller spécial. J’assume. Servir son pays au sommet de l’État n’est pas une compromission, c’est un sacerdoce. Durant cette période, j’ai joué ma partition pour le Sénégal, loin des agitations stériles, avec la discrétion que requiert la charge et la loyauté que l’on doit aux institutions.
    Mais ma liberté, elle, est inaliénable. Faut-il rappeler à ces amnésiques volontaires que ma carrière est jalonnée de renoncements aux privilèges au nom de mes convictions ?
    * J’ai joué un rôle décisif dans la première alternance sans jamais courir après les postes.
    * Élu député en 2001, j’ai démissionné de l’Assemblée nationale et de sa vice-présidence par principe.
    * J’ai décliné l’invitation au pouvoir lors de la deuxième alternance.
    Je n’ai jamais été un homme que l’on achète ou que l’on fait taire. Si j’ai servi hier, c’était par choix. Si je parle aujourd’hui, c’est par devoir. Ma « légitimité » ne se mesure pas à l’applaudimètre des réseaux sociaux, mais à la cohérence d’une vie offerte au combat démocratique, bien avant que certains acteurs actuels ne soient politiquement nés.
    L’Arrogance majeure et les réussites mineures
    Ce texte, qui se voulait une nécrologie politique, trahit en réalité la fébrilité du pouvoir en place. Pourquoi tant d’acharnement contre un « général sans armée » si ce n’est parce que sa parole porte le fer là où ça fait mal ?
    Au vu du spectacle affligeant servi depuis avril 2024, ma conviction est faite : la place de ces gens n’est pas au sommet de l’État. Le populisme peut faire gagner une élection, mais il ne constitue pas une politique.
    N’oublions jamais d’où ils viennent. Ousmane Sonko, aujourd’hui porté aux nues, fut élu député en 2017 grâce au système du « plus fort reste ». C’est cela, la beauté et la loi de la démocratie : elle permet des ascensions fulgurantes. Mais elle est aussi impitoyable avec ceux qui confondent mandat et blanc-seing.
    Le peuple sénégalais, seul souverain, est un juge patient mais redoutable. Il se chargera sous peu de rappeler à ces nouveaux tenants du pouvoir une leçon universelle : l’arrogance est un défaut majeur qui conduit fatalement à des réussites mineures. Or, une réussite mineure est toujours un échec fatal pour un arrogant majeur.
    Je continuerai à parler, à alerter et à dénoncer, n’en déplaise à ceux qui voudraient instaurer le silence dans les rangs. L’histoire ne s’arrête pas à une élection, et l’avenir, j’en suis convaincu, nous donnera raison face à ceux qui sont tout sauf une bonne nouvelle pour la démocratie sénégalaise.
    Talla SYLLA

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