Les Résultats De L'Étude Baseline Du Projet 2022 De Sansas Pour La Santé Reproductive Des Jeunes Et Adolescent·e·s Au Sénégal

Christophe Durpaire (Source) – Creative Commons
Des statistiques et des recommandations sont disponibles concernant le projet SANSAS 2022, pour une meilleure prise en charge de l’accès aux droits à la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents au Sénégal

Nous avons appris que la synthèse des résultats de l’étude Baseline 2022 du projet SANSAS au Sénégal est disponible depuis le mois de Mai.

Selon l’ONG Solthis, “le Sénégal a des indicateurs de santé sexuelle et reproductive (SSR) relativement faibles, notamment en termes de réalisation des droits sexuels et reproductifs (DSSR) pour les jeunes et les adolescents (A&J). Les taux d’accès à la planification familiale et aux méthodes contraceptives sont globalement faibles, et les taux de grossesse, de mariage précoce et de violence sexiste sont élevés, avec de fortes disparités régionales à l’intérieur du pays”

Cependant, notre pays présente “un contexte propice à des actions ciblées sur ces sujets, avec un cadre juridique relativement bien développé, bien que largement inappliqué, une société civile active, qui regroupe un large éventail d’acteurs, et plusieurs interventions menées par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) du pays, qui se complètent et qui peuvent être renforcés, élargis et amenés à travailler ensemble”.

Objectifs

Le projet SANSAS, financé essentiellement par l’AFD mais aussi Unitaid, la Fondation Bill & Melinda Gates, le Ministère des Affaires Étrangères du Luxembourg et Prodiversa Espagne

et qui compte parmi ses partenaires ENDA santé, LARTES,Solthis, RAES et Equipop, vise à améliorer l’accès aux droits à la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents au Sénégal, en particulier les filles, les jeunes femmes et les jeunes vulnérables.

Cet objectif sera atteint en garantissant l’accès à des services de santé de qualité et appropriés et en promouvant l’éducation à la santé sexuelle et reproductive visant à réduire les inégalités entre les sexes et les violences qui en découlent. Pour y parvenir, la logique d’intervention est construite de manière holistique autour de l’offre de services et de la demande concentrée sur deux domaines d’intervention ciblés pour maximiser l’impact des activités. L’intervention s’articulera en milieu scolaire et extrascolaire et autour de la mobilisation sociale et politique aux niveaux local et national. L’approche du projet est axée sur le changement de comportement, le renforcement des capacités et l’autonomisation des bénéficiaires, en particulier les jeunes femmes et hommes, en impliquant leur participation active à toutes les étapes du cycle du projet.

Les indicateurs sensibles au genre identifiés par la recherche opérationnelle assureront l’impact du projet. Ce projet innovant permettra notamment, par le transfert des connaissances, d’alimenter le débat public aux niveaux local, national et sous-régional, afin d’avoir un impact durable sur la DSSR des A&J au Sénégal et par extension, en Afrique de l’Ouest.

Résultats intéressants de l’étude publié en Mai 2022
Indicateurs de connaissance et de fréquentation des services SR en (%)


Indicateurs de connaissances des méthodes préventives IST/VIH et de la PF en (%)


Niveau de Vulnérabilité SR des A&J selon le type de communes et sexe des A&J (%)


Quelques recommandations intéressantes issues de l’Étude

  • Recruter des relais parmi les adolescent·e·s/jeunes pour faciliter la relation entre les professionnel·le·s de santé.
  • Favoriser le pouvoir de décider et d’agir des filles et des femmes pour une attitude résiliente dans les cas de et dans le sens du respect des choix en matière de SR.
  • Renforcer l’utilisation des smartphones dans les stratégies d’intervention afin d’atteindre les adolescent·e·s ayant un accès limité aux informations et aux services, comme ceux des zones rurales et les non scolarisés.
  • Renforcer la sensibilisation des A&J sur l’éradication des violences au sein des couples.
  • Redynamiser les centres Ados pour recevoir les jeunes en créant des espaces de confidentialité pour les adolescent·e·s./jeunes.
  • Adopter des stratégies au sein de l’espace scolaire afin de proposer des services SR aux adolescent·e·s/jeunes.
  • Créer des espaces dédiés aux adolescent·e·s/jeunes pour favoriser la fréquentation massive des jeunes et éviter la stigmatisation et le délaissement des structures de santé. Ces espaces devraient être neutres pour assurer une inclusion des différents profils d’adolescent·e·s/jeunes (garçons, filles, mariées, célibataires…).
  • Négocier des dispositifs dédiés avec les structures privées plus à l’écoute des adolescent·e·s/jeunes.
  • Développer des stratégies pour aller vers les adolescents·e·s afin de comprendre les logiques relationnelles, les pratiques et les besoins en santé de la reproduction.
  • Intensifier la sensibilisation dans les écoles pour éviter les grossesses précoces en s’appuyant davantage sur les professeurs d’économie familiale, des sciences de la vie et de la terre et autres spécialistes de la santé de la reproduction.
  • Cibler exclusivement les causeries aux adolescent·e·s/jeunes et non à une diversité de cibles dont celles plus âgées.
  • Renforcer le dialogue entre les professionnels et le milieu associatif afin de favoriser  une  qualité relationnelle et celle des services pour adolescent·e·s/jeunes.


Si les informations glanées et les recommandations exprimées à l’issue de cette étude sont mises à profit, les adolescents et les jeunes sénégalais devraient, dans les prochaines années, être plus à même de prendre en charge leurs droits à la santé.

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