À Dakar, les cheminots du Train Express Régional (TER) tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, le cadre juridique qui régit leur activité est « inadapté » et pourrait compromettre la sécurité et la qualité du service rendu aux usagers.
Voici la lettre des travailleurs du TER :
Les travailleurs du Train Express Régional (TER) tiennent à alerter l’opinion publique sur une situation aussi préoccupante qu’inadmissible, révélatrice d’un décalage profond entre la réalité du terrain et le cadre juridique censé l’encadrer.
À ce jour, les cheminots du TER, évoluant dans un système ferroviaire moderne et structurant pour le Sénégal, sont régis par la convention collective des transports routiers. Une situation incohérente, en contradiction avec les principes d’adéquation sectorielle du droit du travail, et qui ne reflète ni les spécificités techniques du ferroviaire, ni les exigences propres à ce secteur.
La grève décrétée dans le secteur des transports routiers pour les journées du 30 mars, du 31 Mars et du 1er Avril met en lumière cette anomalie. Bien que n’appartenant pas à ce secteur, les travailleurs du TER peuvent en subir indirectement les effets, tandis que les autorités appellent à une intensification du service ferroviaire pour pallier les perturbations observées. Cette situation illustre les limites et les incohérences du dispositif actuel.
Plus préoccupant encore, ce cadre pourrait, en théorie, générer des confusions quant aux modalités d’exercice du droit de grève, traduisant ainsi une inadaptation manifeste des textes applicables au secteur ferroviaire.
Par ailleurs, alors même que le développement du TER se poursuit, notamment à travers ses phases d’extension, aucune dynamique structurée n’est engagée en vue de doter ce secteur d’un cadre conventionnel propre. Cette absence soulève une question fondamentale, peut-on durablement bâtir un système ferroviaire performant sans un socle social et réglementaire adapté ?
Dans un secteur où les exigences de sécurité, de continuité du service et de technicité sont particulièrement élevées, cette situation ne saurait perdurer sans risques pour la qualité du service rendu et la stabilité du système.
En conséquence, les travailleurs du TER interpellent le Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, ainsi que l’ensemble des autorités compétentes, afin que soit engagée sans délai une concertation tripartite (État, direction, représentants des travailleurs) en vue de l’élaboration d’une convention collective spécifique au secteur ferroviaire, conforme aux réalités opérationnelles et aux standards du secteur.
Il en va du respect des travailleurs, de la sécurité des usagers et de la crédibilité de l’ambition ferroviaire du Sénégal.
Fait à Dakar, le 30 Mars 2026
Les Travailleurs du TER






